Danseurs chorégraphes du ballet de l’Opéra de Paris

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Une soirée danseurs-chorégraphes à l’amphithéâtre de l’Opéra Bastille et l’occasion de découvrir de nombreux talents du corps de ballet, une troupe qui vit et qui crée, des danseurs enthousiastes et engagés. Quelques impressions, forcément subjectives…

 

El Fuego de la Pasion

Chorégraphie : Allister Madin

Danseurs : Caroline Bance, Allister Madin

Une femme, un homme, raison, passion, tango…l’argument d’Allister Madin est plutôt conventionnel. J’en retiendrai un beau pas de deux explosif et sensuel sur la musique de Gotan Project. Beaucoup de prises de risque et d’originalité dans les portés. Une pièce qui se laisse regarder avec plaisir mais, pour ma part, sans passion.

 

Melancholia Splenica

Chorégraphie : Florent Melac

Danseurs : Charlotte Ranson, Sylvia-Cristel Saint Martin, Julien Meyzindi, Maxime Thomas

Ouahou ! Et Florent Melac n’a que 17 ans. C’est mon coup de cœur de la soirée. « Cette création est conçue comme une étude sur la recherche du mouvement le plus juste, la poursuite d’une esthétique à la fois contemporaine et aux lignes classiques… », peut-on notamment lire dans le programme.

Voilà qui est dit… et fait ! Une vraie recherche chorégraphique, de la maturité dans la formulation du mouvement, le tout servi par quatre interprètes de talent. La gestuelle m’a rappelé le Genus de Wayne Mac Gregor (et je crois que je ne suis pas la seule…) mais c’est pour moi un regard intéressant et plein de promesses que ce jeune homme donne à partager. Et il n’en est pas à son coup d’essai puisqu’il a créé une autre pièce en 2009.

 

Le pressentiment du vide

Chorégraphie : Lydie Vareilhes

Danseuse : Letizia Galloni

Cette pièce, de facture plus classique, m’a moins séduite par son langage chorégraphique et scénographique, qui manquait sans doute un peu d’ampleur, notamment par rapport au propos de l’auteur tel qu’on peut le lire dans le programme : « … l’introspection d’un individu (…) face au vertige existentiel que provoque chez lui l’impuissance à concevoir la finitude et l’infinitude ». Il est vrai que l’œuvre est très courte et ne laisse peut-être pas suffisamment de temps au spectateur pour rentrer dedans.

 

BLESS – ainsi soit-IL

Chorégraphie : Bruno Bouché

Danseurs : Aurélien Houette, Erwan Le Roux

Bruno Bouché n’est pas un débutant en matière de chorégraphie. Sa première pièce a été créée en 2003. Cet opus né, pour sa part en juillet 2010, propose un très beau pas de deux masculin sur la Chaconne en ré mineur de Bach. Mention spéciale à Aurélien Houette qui impose ici une présence physique et émotionnelle impressionnante. Une gestuelle épurée, signifiante, beaucoup de risques dans les appuis et les portés pour un corps à corps au final, assez magnétique. Un petit aperçu par ici

 

Fugitif

Chorégraphie : Sébastien Bertaud

Danseurs : Laurène Lévy, Sébastien Bertaud, Axel Ibot, Daniel Stokes

J’ai trouvé ce nouvel opus de Sébastien Bertaud (qui n’est pas non plus un débutant en matière de chorégraphie), très agréable à regarder. J’ai beaucoup aimé le pas de trois masculin du début. Le langage chorégraphique ne m’a, en revanche, pas semblé très novateur (alors là, pour le coup, j’avais l’impression de regarder l’œuvre d’un disciple de Wayne Mac Gregor) mais la scénographie est intéressante. Le tout porté par une belle énergie et des danseurs irréprochables.

 

Nocturne

Chorégraphie : Nans Pierson

Danseurs : Juliette Hilaire, Alexandre Gasse. Pierre-Arthur Raveau au Piano

Un joli conte sur fond de Chopin et de sonorités acoustico-urbaines. Ce n’est pas tant la chorégraphie qui est intéressante ici que le propos. Cet homme et cette femme, qui dansent, entravés par leur masque à gaz, cherchant à s’en défaire. Dommage que l’œuvre soit si courte et ne laisse peut-être pas suffisamment à l’argument dramatique le temps de se développer. Nans Pierson, 22 ans, a trois autres pièces à son actif.

 

Près de toi

Chorégraphie : Myriam Kamionka assistée de Franck Berjon

Danseurs : Mathieu et Marine Ganio

Il y a de jolis moments mais globalement, j’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans cette œuvre, trop esthétisante et froide à mon goût. Mathieu Ganio et sa sœur signent pourtant une jolie performance. « Fabuleux », ai-je entendu dire, à côté de moi, à la fin. Comme quoi… on est touché ou on ne l’est pas.

 

Me2

Chorégraphe : Samuel Murez

Danseurs : Samuel Murez, Takeru Coste

Dans la catégorie des jeunes chorégraphes presque confirmés, j’appelle Samuel Murez. Ce jeune homme est de nature prolifique et crée depuis plusieurs années. J’avais déjà vu un extrait de Me2 en vidéo mais ça été un vrai plaisir de voir ce ballet sur scène. C’est drôle, inventif. Samuel Murez brise les frontières des genres, investit l’espace et donne à voir une très belle performance artistique. Un garçon à suivre… et un petit extrait par ici.

 

Narkissos de et avec Mallory Gaudion

Mallory Gaudion n’en est pas non plus à sa première pièce. Même si j’ai un peu décroché pendant Narkissos, je voudrais saluer sa performance qui ne cède pas d’un pouce à la facilité. Seul en scène, pendant 10 minutes, au début sans musique, je trouve le pari plutôt courageux. La pièce m’a paru un poil difficile d’accès et obscure. Et ce n’était pas facile de passer après Me2.

 

Ça tourne à l’amphi

Chorégraphie : Béatrice Martel

Danseurs : Isabelle Ciaravola, Amandine Albisson, Marion Barbeau, Aubane Philbert, Pauline Verdusen, Jennifer Viscocchi, Lionel Delanoë, Mathieu Botto, Yann Chailloux, Jean-Baptiste Chavignier et Alexandre Gasse.

Un metteur en scène : Lionel Delanoë, une troupe de joyeux lurons pour quatre clips et quatre ambiances. C’est drôle et enlevé. Un festival de couleurs et de clins d’œil, orchestré par Béatrice Martel, qui n’en est pas à sa première création. Bien aimé Isabelle Ciaravola en train de se limer les ongles, les pieds sur sa coiffeuse. Une jolie façon de clore la soirée !

Ça tourne à l'amphi... de Béatrice Martel
Ça tourne à l'amphi... de Béatrice Martel © Blog A petits Pas

Les danseurs chorégraphes sont programmés jusqu’au 21 janvier.

D’autres comptes rendus (écrits ou à venir) sur les blogs d’Amélie, du Petit Rat et de Cams.

6 Responses

  1. Cams Cams

    at |

    J’ai un peu eu les mêmes impressions que toi.
    Par contre j’ai trouvé que c’était la pièce de Melac qui se rapprochait le plus de Mc Gregor. Peut être à cause des costumes. Mais c’est plein de promesses en tout cas.
    C’est fou quand je vois ta photo je me dis qu’on était pas si loin que ça l’une de l’autre! J’étais au deuxième rang mais plutôt côté cour.

  2. lulu lulu

    at |

    Mis à part le talent incontestable de Mallory Gaudion qui justifie à lui seul de venir voir ce spectacle, les propositions chorégraphiques de cette soirée sont pour la plus part de véritables purges qui produisent l’effet inverse de ce que l’on attend de ce projet. L’improvisation et l’innovation, même si l’on débute, le côté expérimental, oui, pourquoi pas ? Mais là, rien de très fort ou de surprennant ,ni même culoté. Pas de tentatives chorégraphiques novatrice, qui fasse avancer UN style et surtout en général, un manque de travail chorégraphique approfondi, à partir de sujets parfois et il faut le reconnaitre, tout de même inspirés pour certains, parmi les moins « jeunes ». C’est vraiment bien dommage. Dèception. N’est pas chorégraphe qui veut. C’est un métier, dont les codes doivent être respectés et je pense que la perspective de se vouloir chorégraphe vient de plus loin que je simple fait d’être danseur soi -même. C’est le problème des comédiens-réalisateurs.

  3. Amélie Amélie

    at |

    Je te trouve dur Lulu. La plupart en était à leur premier essai. Bien sûr que ça ne peut pas être génial tout de suite. Un chorégraphe se construit petit à petit. Et je trouve bien que l’Opéra leur laisse un espace pour se tester. C’est en forgeant qu’on devient forgeron…

    Globalement d’accord avec toi Fab ;) Je rajouterais sur la pièce de Murez, que j’ai trouvé génial aussi, un grand bravo à Takeru Coste. Je m’en étais déjà aperçu au concours de promotion, mais ce garçon a de véritables facilités en contemporain, et un don comique certain. Une personnalité à suivre de près.

  4. Cams Cams

    at |

    @ Fab: si si j’avais une marinière!
    Mais je ne t’ai pas vu! :(

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