Le Ballet de l’Opéra de Lyon danse William Forsythe

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Le Ballet de l’Opéra de Lyon se produit au Théâtre de la Ville à Paris avec deux opus de William Forsythe : Workwithinwork et Quintett. L’occasion de voir ou de revoir ces deux ballets créés respectivement en 1998 et 1993 et d’applaudir une troupe d’un excellent niveau.

Premier à ouvrir le bal de cette soirée : Workwithinwork. Pièce chorégraphique pour quinze (seize?) danseurs, où l’on retrouve par moments le langage déployé notamment dans « In the middle somewhat elevated » : mouvements destructurés, appuis décentrés en constante lutte avec la gravité… le tout assorti à une grande rapidité d’exécution, qui n’enlève rien à la fluidité de la danse. J’avoue avoir eu un peu de mal à rentrer dans l’oeuvre (et la partition de Luciano Berio ne m’a pas inspirée) mais j’ai été rapidement happée par la beauté du mouvement.

Assise au premier rang, très proche des danseurs, j’ai pu voir comment et combien la musique, le langage de William Forsythe s’imprimaient dans chacune de leurs attitudes et dans chacun de leurs muscles. Quel beau travail réalisé par cette troupe ! Les gestes sont affûtés, précis, déliés avec de très beaux développés chez les filles et une sacrée dose d’engagement. J’ai pris beaucoup de plaisir simplement à voir le mouvement se faire, se défaire, se refaire, à regarder les corps se tendre, se détendre, se déployer. Bref, le plaisir de la danse par des artistes qui maîtrisent leur sujet jusqu’au bout des pointes.

Deuxième pièce : Quintett bercé par la mélopée de Gavin Bryars « Jesus’ blood never failed me yet ». Là, on est plus dans l’émotion avec cette trappe ouverte dans un coin de la scène qui semble donner et reprendre, porte d’entrée et de sortie. Le programme explique que Quintett est un « ballet traversé par la mort ». Et bien j’ai trouvé qu’il était surtout traversé par un élan vital quasi-jubilatoire. Les danseurs, cinq sur scène, sont tous excellents, engagés tant au plan physique qu’émotionnel. Les regards se croisent, les corps se rencontrent souvent avec énergie, parfois avec violence, entre cette fameuse trappe et un projecteur planté sur la scène. Rien n’est fait dans la demi-mesure. On a l’impression que chaque mouvement se situe tout près de son point de rupture, qu’il est poussé à l’extrême.

Un coup de coeur pour le couple Caelyn Knight/Jean-Claude Nelson (j’espère ne pas me tromper mais d’après le trombinoscope que j’ai trouvé, c’est bien eux) même si j’ai vraiment été bluffée par la performance d’ensemble. Comme dirait Amélie, on ne sait pas toujours bien ce qui se passe mais il se passe quelque chose !

Le ballet de l'Opéra de Lyon danse William Forsythe

Quintett de W.Forsythe avec Harris Gkekas, Caelyn Knight, Jean-Claude Nelson, Agalie Vandamme et Franck Laizet

Le Ballet de l’Opéra de Lyon est à l’affiche du Théâtre de la ville jusqu’au 1er mars, avec deux distributions et donc deux occasions de découvrir des danseurs talentueux.

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2 Commentaires

  • 1
    4 mars 2011 - 20:55 | Permalien

    Bon, ça se confirme, je ne suis manifestement pas câblée normalement : j’ai trouvé la première pièce jubilatoire et n’ai pas réussi à rentrer dans la seconde, ou plutôt j’en suis ressortie très vite, moyen peut-être de mettre à distance la tristesse qui devenait envahissante (l’élan vital me semblait justement voué à l’échec, vain face à sa disparition imminente, déjà défait – tristesse d’une force impuissante).

  • 2
    Fab
    6 mars 2011 - 22:34 | Permalien

    C’est ce que j’aime dans la danse (et l’art en général) : une oeuvre, plusieurs interprétations et autant de sensations différentes. En tout cas, t’inquiète pas. Je pense que tes câbles sont en parfait état de fonctionnement :)

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