Retour au Palais Garnier pour Coppélia de Patrice Bart, avec dans les rôles-titres : Nolwenn Daniel (Swanilda), Karl Paquette (Frantz) et Stéphane Phavorin (Coppélius).
Après la bonne surprise de la Première, me voici donc à nouveau sous les ors du Palais Garnier pour découvrir cette nouvelle distribution.
Nolwenn Daniel incarne une Swanilda plutôt sérieuse, qui gagnerait sans doute à être plus facétieuse et primesautière. Elle a livré, tout au long du ballet, une prestation solide et honorable, même si elle n’a pas l’aisance technique d’une Dorothée Gilbert.
Je l’ai trouvée particulièrement convaincante dans les scènes avec Coppélius, dans lesquelles elle paraissait tout à fait troublée, puis dans le deuxième acte, en colère, effrayée (elle ferait une belle héroïne romantique).
Stéphane Phavorin est Coppélius. J’ai beaucoup apprécié sa prestation dans le prologue, où il semblait à bout de désespoir. Dans le premier acte, j’ai regretté qu’il soit plus effrayant, plus intimidant que véritablement séducteur. On ne voit pas vraiment le côté manipulateur du personnage (en même temps, on peut considérer que c’est Spalanzani qui tire les ficelles). Mais au final, c’est un rôle qui lui convient très bien.
Karl Paquette est Frantz. Son interprétation était convaincante. J’ai eu, en revanche, une impression mitigée sur sa prestation technique, avec à la fois une belle ampleur de sauts au début de ses variations du premier acte et des moments où il me semblait fatigué, essoufflé, en fin de variation. Son partenariat avec Nolwenn Daniel est plutôt harmonieux et j’ai trouvé le pas de deux final assez réussi, malgré un peu de fébrilité.
Au niveau du ballet lui-même, le premier acte est vraiment touffu avec trop de monde sur scène. On s’y perd… et j’avoue avoir trouvé le temps long. Et ce n’est pas de la faute du corps de ballet qui ne démérite pas. Mention spéciale aux amis et amies de Frantz et Swanilda. Les garçons font une belle entrée au premier acte et les filles sont irrésistibles dans l’antre de Coppélius au début du deuxième acte (qui passe mieux que le premier, il faut dire aussi qu’il est moins long !).
Enfin, sur la musique du ballet, un autre bloggeur (blog de Joël Riou) vous en parlera bien mieux que moi !
Coppélia est à l’affiche au Palais Garnier jusqu’au 30 mars, représentation au cours de laquelle Patrice Bart, maître de ballet associé à la direction de la danse et chorégraphe de ce ballet, fera ses adieux. Coppélia devrait également faire l’objet d’une captation vidéo, avec diffusion en direct dans plusieurs salles de cinéma le 28 mars (et rediffusion à des dates ultérieures sur Mezzo et France télévisions).


4 Commentaires
Ce ballet n’est pas un grand ballet , tout le monde le sait
Il n’empêche qu’il peut donner l’occasion aux Danseurs de…. Danser
Paquette est partout (Cosette) ,mais en plus authentique , il sait qui il est à l’Opéra,il sait qui il n’est pas
Difficile de tenir la distance sur tous les plans: statut d’Etoile, distributions désordonnées, répétitions, galas , bref
la direction se fiche de tout ca ? le principal est de remplir les salles ?
Tout d’abord, bienvenue Liane. C’est une très bonne chose de pouvoir voir différentes prises de rôle et c’est une chance pour les danseurs. Après, on est d’accord : nul n’est parfait et puis, on a forcément tous nos préférences. Après, sur les choix de la direction, je ne sais pas. J’imagine que les danseurs (notamment les danseurs (euses)-étoiles) ont aussi leur mot à dire. Quant à Emilie Cozette, oui, elle est très distribuée. Je ne la connais pas pour me prononcer sur son degré d’authenticité et, de toute matière, ce n’est ni le lieu ni le propos
On parle d’authenticité de la danse , du mouvement ,
pas de l’authenticité en tant que telle . Donc si ce n’est pas le lieu d’en parler , je comprends mal les interactions ou alors laisser seule la lecture de vos commentaires accessibles sans additions de contributeurs , ce qui peut être bien aussi.
Dit encore autrement : il ne s’agit pas de connaitre personnellement telle ou tel danseur, il s’agit d’être touchée par une vérité artistique, par la vérité du geste ( authenticité de la danse ) Vous pouvez vous reporter au film documentaire » la danse » et plus particulièrement sur le passage où Hilaire parle à Cosette, illustre le propos qui nous occupe ici
Ouh la, Liane, ne nous emportons pas
J’avais mal compris votre propos, quand vous disiez que Karl Paquette savait qui il était à l’Opéra et qui il n’était pas. Je pensais que vous parliez de l’authenticité en tant que trait de caractère (par rapport à E. Cozette). J’imagine que certains danseurs se cherchent plus que d’autres et mettent plus longtemps à trouver qui ils sont, en tant que danseurs et qui ils veulent être. Voilà… mon intervention n’avait pas pour but de porter atteinte à votre liberté de parole (sinon, mes posts ne seraient pas ouverts à commentaires). Vous êtes la bienvenue, dans un esprit de partage et de bonne humeur!