Représentation du 12 juillet avec Ludmila Pagliero (Garance), Stéphane Bullion (Baptiste), Karl Paquette (Frédérick Lemaître), Stéphane Phavorin (Lacenaire), Mélanie Hurel (Nathalie) et Valentine Colasante (Madame Hermine).
Retour au Palais Garnier après la Première, le 30 juin dernier. J’étais curieuse de découvrir Ludmila Pagliero en Garance et contente de revoir Karl Paquette, qui m’avait fait une excellente impression en Frédérick Lemaître lors de la répétition publique.
Acte 1. Boulevard du Temple. Ludmila Pagliero est une Garance enjouée, crâne et enjôleuse, voire pas farouche. Stéphane Bullion-Baptiste nous livre une pantomime très honnête tandis que Stéphane Phavorin campe un Lacenaire élégant et roublard à la fois, fin matois connaissant bien son affaire. Après cette scène de foule que j’ai trouvée un brin longue, place au pas de deux de Baptiste et Nathalie : le pas de deux à la rose, toujours aussi touchant. Si Mélanie Hurel n’a pas démérité dans ce rôle d’amoureuse mal-aimée, j’ai toutefois préféré l’interprétation de Clairemarie Osta.
Un mot également sur Karl Paquette et son personnage de Frédérick Lemaître, sur lesquels je reviendrai dans le deuxième acte. C’est un rôle qui lui va plutôt bien, même si je pense, tout comme pour Florian Magnenet lors de la Première, qu’il aurait pu la jouer un peu plus canaille, notamment lors du bal populaire. Toutefois, son partenariat avec Madame Hermine (espiègle Valentine Colasante) était savoureux et le trio Baptiste-Lemaître-Madame Hermine fonctionnait très bien.
Moment d’émotion avec la scène de la chambre : la relation entre Ludmila Pagliero-Garance, aimante, femme et Stéphane Bullion-Baptiste, sur la réserve, livré à ses atermoiements, ne sachant que faire de lui-même, était très crédible. J’ai trouvé leur duo harmonieux tant sur le plan technique que sur celui de l’interprétation.
Autre joli moment : la scène de pantomime « l’amoureux de la lune », vrai moment de poésie. Stéphane Bullion y était excellent, touchant et désopilant à la fois avec cette corde, véritable clown triste qui ne sait sur quel pied danser.
Au final, un premier acte plaisant, un peu fouillis tout de même dans les scènes de foule, un peu long aussi mais, somme toute, touchant à l’instar des personnages. L’acte se clôt sur l’affrontement Madame Hermine/Garance et sur l’arrivée du Comte sauveur, tandis que la digne Nathalie emporte avec elle son Baptiste dépité.
Acte 2. Après l’intermède du grand escalier dansé par Nolwenn Daniel et Karl Paquette, retour dans la salle avec la création de Robert Macaire et ses costumes (signés Agnès Letestu) décidément très réussis. Mon attention ayant été distraite par la présence de deux petites filles pas très discrètes, non loin de moi, j’ai quelque peu raté la première entrée de Charline Giezendanner (la ballerine). Le premier pas de deux avec Karl Paquette m’a semblé empreint de fébrilité mais le deuxième était bien plus fluide. Karl Paquette était, en tout cas, toujours en grande forme : jolis sauts, belles réceptions, de l’amplitude dans les mouvements. Le corps de ballet trouve, pour sa part, dans cette création de Robert Macaire, un écrin qui lui permet de faire joliment valoir ses talents.
Je retiendrai de ce deuxième acte les pas de deux de Ludmila Pagliero avec Alexis Renaud (le Comte) puis Stéphane Bullion. Fluides, bien menés, émouvants. Le duo final entre Baptiste et Garance était très touchant, car tout en retenue, sans « surjeu », très équilibré, ce qui rendait cette passion contrariée d’autant plus crédible. Très belle prestation également de Stéphane Phavorin, à la fin de la scène de bal.
Si j’ai aimé l’esthétique de ce deuxième acte et l’émotion qui s’en dégageait, je n’ai pas toujours été convaincue par la chorégraphie, cette façon notamment dans les solos masculins de rouler sur le sol ou d’y prendre appui, ces sortes de tourneboulés…Et puis, le cri du comte. Il a perdu Garance. Il est malheureux. Fallait-il mettre un cri sur cette douleur…
Vendredi, dernier round des Enfants du Paradis avec, dans le rôle de Baptiste, José Martinez, chorégraphe du ballet et danseur-étoile. Dernier round donc avec des adieux officiels du danseur sur la scène du Palais Garnier. Un très beau moment en perspective.
Un petit mot, enfin, pour saluer les musiciens, en particulier les solistes, et les machinistes qui participent grandement à la réussite de ce ballet.
D’autres avis déjà écrits ou à venir sur les blogs d’Anne-Laure et de Cams




5 Commentaires
Merci pour ce très bel article. J’aime beaucoup votre façon d’écrire…
Je partage vos impressions même si j’ai davantage axé mon billet sur des comparaisons et sur l’utilisation du rouge…
Merci pour le compliment, ça fait plaisir
. J’ai remonté votre lien à la fin de mon post, ce qui donnera l’occasion aux internautes de découvrir ce ballet sous un autre angle.
A bientôt
Ah j’ai la pression, j’ai 4 articles de retard!!
J’ai vu un peu plus de représentations donc mon avis est forcément un peu différent, nottamment sur Karl Paquette (j’ai trouvé qu’il marquait un peu le pas par rapport aux autres fois même si ça reste très bon).
C’est vrai que le cri du compte est un peu bizare!! Un peu too much. Jusque là, il n’y a que chez Yann Saïz que j’ai aimé… En même temps j’imagine que ça ne doit pas être facille à faire!!