Soirée Balanchine/Robbins avec le Miami City Ballet

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Ouverture des Etés de la danse au Théâtre du Châtelet. Cette année, le festival accueille le Miami City Ballet, pour une série de 17 représentations. Cette soirée inaugurale se composait de quatre œuvres, trois de George Balanchine  :  Symphonie en Trois Mouvements, Tarantella et Ballet Imperial et une de Jerome Robbins, Afternoon of a Faun.

Saluts_Miami_City_Ballet

Le Miami City Ballet, dirigé par Edward Villella (Orchestre Prométhée sous la direction de Gary Sheldon)

Le Miami City Ballet est à l’affiche de la 7e édition du festival « Les Etés de la danse » jusqu’au 23 juillet, avec 14 ballets principalement de George Balanchine, mais également de Jerome Robbins, Twyla Tharp, Paul Taylor et Christopher Wheeldon. Pour cette première soirée : deux ballets de groupe, Symphonie en Trois Mouvements et Ballet Imperial et deux courts duos : le poétique Afternoon of a Faun et le jubilatoire Tarantella. Je reviendrai également sur La Valse, ballet de Balanchine, vu pendant la répétition générale du 5 juillet.

Symphonie en Trois Mouvements

« De la danse, seulement de la danse à l’écoute de la musique » disait Mr B qui parlait également de « transformer directement le son en mouvement ». Cette œuvre, sur une musique d’Igor Stravinski, est une des illustrations du style Balanchine, dans la veine des ballets dits en « noir et blanc ». Le mouvement est mis en exergue, dépouillé de tout artifice. Les femmes sont en justaucorps blanc ou noir (les trois solistes ayant des tuniques de couleur), les hommes sont en tee-shirt blanc et collant noir.

Premier mouvement :  le rideau s’ouvre sur une diagonale de seize danseuses en justaucorps blanc, bientôt rejointes par les solistes et cinq couples en noir et blanc. Les quatrièmes et les cinquièmes positions sont très croisées, les axes du corps et les épaulements très marqués avec des bras dessinant des diagonales, il y a des flexions de poignets, de pieds, de bras pendant les pirouettes. On voit des angles, des lignes épouser les notes de la musique. Puis retour de la diagonale des seize danseuses avec une mise en scène, au sens premier du terme, qui m’a fait penser à du Busby Berkeley.

Deuxième mouvement avec le duo Katia Carranza et Carlos Guerra, et beaucoup d’importance donnée aux bras et aux poignets, aux angles, à la symétrie, mais aussi aux en-dehors/en-dedans, aux flexions et finalement au principe d’ouverture/fermeture… J’ai eu un peu plus de mal à adhérer à la chorégraphie et à l’unisson proposés pendant ce deuxième mouvement.

Troisième mouvement avec le retour de l’ensemble des danseurs sur scène et cette écriture chorégraphique très visuelle, je dirais même cinématographique, qui sait saisir à merveille le mouvement, surtout celui du groupe. Je ne sais pas si j’ai « écouté la danse et vu la musique », mais j’ai, en tout cas, passé un bon moment.

Symphonie en Trois Mouvements ©The George Balanchine Trust. Photo Joe Gato

Afternoon of a Faun

Cette œuvre de Jerome Robbins ne se déroule pas dans la forêt mais dans une salle de danse. Au départ, un danseur allongé sur le sol, qui s’étire, fait quelques flexions. Puis, l’apparition d’une danseuse, évanescente, chevelure lâchée sur les épaules, qui vient se mettre à la barre. Les deux danseurs se voient et commencent à évoluer ensemble. Le spectateur est censé faire office de miroir. J’étais sans doute un peu trop loin pour vraiment ressentir ce rapport entre les danseurs et ce miroir. La durée de l’œuvre, 10 minutes, était un peu courte à mon goût pour pouvoir totalement entrer dans cette rencontre et profiter du couple Jennifer Carlynn Kronenberg et Carlos Miguel Guerra, qui semblait très bien maîtriser le langage chorégraphique. C’est une œuvre qu’il faut voir et revoir.

Afternoon-of-a-Faun

Carlos Miguel Guerra et Jennifer Carlynn Kronenberg-Photo Joe Gato

Tarantella

Cette œuvre de George Balanchine est un petit bijou de virtuosité, magnifiquement servi par Jeanette Delgado et Kleber Rebello. C’est un bouquet de feu d’artifice, joyeux et alerte, foisonnant de petits pas rapides, de pirouettes, de sauts. Je retiendrai l’aisance des interprètes, le travail sur pointes de la danseuse, la précision des petites batteries et l’amplitude des sauts pour le danseur, la rapidité des manèges et surtout la joie de danser communicative (pour une fois, j’ai aimé le concept du sourire ultrabright). Difficile de ne pas succomber aux charmes de cette Tarantella. Après la graphique Symphonie en Trois Mouvements et le poétique Après-midi d’un Faune, on aurait tort de s’en priver.

Tarantella

Jeanette Delgado et Kleber Rebello

Ballet Imperial

Ce ballet est un hommage à Marius Petipa et à Tchaïkovski. On retrouve ici un langage plus traditionnel et classique et des ensembles qui ne sont pas sans rappeler les « Diamants » de Jewels. Le ballet est structuré en trois mouvements. Dans le premier mouvement, le rideau s’ouvre sur huit danseuses dûment « diadémées » et huit danseurs, bientôt rejoints par huit autres danseuses. Commencent alors des scènes d’ensemble qui, je trouve, sont très réussies avec ce génie visuel de Balanchine pour constituer quelque chose d’épuré et en même temps d’assez spectaculaire visuellement.

Du côté des solistes : le couple Mary Carmen Catoya et Renato Penteado, avec une danseuse toujours très mise en valeur chez George Balanchine (c’est dommage, j’aurais bien aimé voir Renato Penteado danser davantage). Mary Carmen Catoya fait preuve de beaucoup de rapidité et de dynamisme. Je lui ai toutefois préféré le moelleux de Patricia Delgado, danseuse très déliée et musicale que j’avais déjà remarquée à la répétition générale. J’ai notamment beaucoup aimé le pas de trois avec ses partenaires Renan Cerdeiro (dont j’apprécie beaucoup la gestuelle) et Didier Bramaz et ces petits moments d’inspiration jazzy entre les pirouettes et les entrechats. La scène qui clôture le premier mouvement est un régal, miracle de synchronisation entre les danseurs du Miami City Ballet, sur un rythme pourtant effréné alignant notamment des entrechats à n’en plus pouvoir sauter.

Le deuxième mouvement met en lumière le danseur avec dix danseuses. J’ai beaucoup moins aimé ce passage néo-romantique, hommage au ballet classique. Je n’y ai pas retrouvé le lyrisme des grandes œuvres du répertoire, ni le travail du haut du corps. Volonté du chorégraphe ou pas… en tout cas, pour moi, un sentiment d’inadéquation ou d’incomplétude.

Le troisième mouvement mettait à nouveau en valeur le corps de ballet et son incroyable unisson. Être si nombreux sur scène et danser comme un même corps sur un rythme soutenu, en déjouant toutes les difficultés techniques de la chorégraphie… voilà un exploit qui mérite d’être salué. Le final a été spectaculaire et montré la maîtrise technique de cette troupe… ainsi que son énergie!

Ballet_Imperial

Mary Carmen Catoya et Renato Penteado (au deuxième plan, Didier Bramaz, Patricia Delgado et Renan Cerdeiro)

La Valse

Un mot rapide sur ce ballet, vu pendant la répétition générale du 5 juillet. On a, cette fois-ci, une trame narrative, avec pour décor un bal et des danseuses vêtues de jupes vaporeuses. Trois couples de solistes dont Patricia Delgado et Renan Cerdeiro, que j’ai beaucoup appréciés. La deuxième partie du ballet était très intéressante, avec encore une fois, des scènes de groupe toujours bien construites et enthousiasmantes. Ajoutez à cela un côté un peu hollywoodien, cette femme en blanc incarnée par Jennifer Carlynn Kronenberg, sans doute amoureuse, qui croise la route d’un homme tout en noir. Et c’est une autre valse qui commence alors, non plus une danse joyeuse, festive mais une valse infernale et funèbre, où le rêve rejoint la vérité…

Le Miami City Ballet est à l’affiche jusqu’au 23 juillet au Théâtre du Châtelet pour 17 représentations et autant de programmes différents et diversifiés. Vous pouvez retrouver sur le blog d’Amélie une interview du directeur artistique de cette troupe, Edward Villella, ancien danseur « principal » du New York City Ballet.

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4 Commentaires

  • 1
    7 juillet 2011 - 09:41 | Permalien

    Au lendemain du spectacle, c’est définitivement Ballet Impérial qui dominait pour moi la soirée. Ça ne cherchait pas la profondeur des sentiments, mais c’était beau, dans le sens le plus positif du terme. Une soirée pleine de fraicheur en tout cas, très agréable.

  • 2
    Fab
    7 juillet 2011 - 23:50 | Permalien

    Pareil pour moi! Il paraît que In the Upper Room de Twyla Tharp a remporté un franc succès hier soir avec une standing ovation…

  • 3
    8 juillet 2011 - 00:11 | Permalien

    Une chorégraphie et une musique facile… mais un tout ultra-efficace et incroyablement enthousiasmant. Whaouuu ! (teasing de ouf : à venir dans mon compte-rendu samedi).

  • 4
    24 décembre 2011 - 17:13 | Permalien

    bravo pour votre blog et l’amour de ce noble art.

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