Tanguera au Théâtre du Châtelet

  • Facebook
  • Twitter
  • Delicious
  • Digg
  • StumbleUpon
  • Add to favorites
  • Email
  • RSS

Cette comédie musicale argentine revient une nouvelle fois en France. L’occasion pour moi de la découvrir. Quelques impressions (toutes subjectives, bien évidemment…)

Tanguera relate l’histoire d’une jeune femme française, Giselle (Leticia Fallacara) débarquant en Argentine au début du XXe siècle. Autour d’elle, à son arrivée au port de Buenos Aires, surgissent rapidement deux hommes : le gentil docker Lorenzo (Esteban Domenichini) et le dangereux Gaudencio (Junior Cervila), qui la fera plonger dans les bas-fonds, avant que Giselle ne devienne une « tanguera », danseuse de cabaret et qu’elle ne parvienne à s’enfuir, hélas pour peu de temps, au bras de son doux amant, Lorenzo.

Saluts Tanguera

Tanguera est une comédie musicale reposant avant tout sur le langage chorégraphique. Quelques passages chantés jalonnent l’histoire mais ils sont, en fait, assez peu nombreux, faisant la part belle à la danse. Il m’a été difficile de rentrer dans l’histoire, en raison peut-être de l’intrigue et des scènes un peu convenues (les ballets classiques n’en sont pourtant pas dépourvus…).

Mon attention s’est éveillée lors de la scène du bal avec les différents duos se formant sur scène. Parmi les couples, une danseuse a particulièrement retenu mon attention : Maria Nieves, si je ne me trompe pas. Elle doit approcher les 70 ans (ou les dépasser) et avec ses fines gambettes, son élégance, sa musicalité et son regard de braise, elle m’a semblé incarner l’essence du tango.

L’intrigue ensuite déroule son fil, au gré des tableaux : Giselle est prise au piège et contrainte d’obéir à Gaudencio, qui, vous l’aurez compris, n’est pas armé des meilleures intentions. L’occasion d’un beau pas de deux alliant vitesse et portés audacieux. Le tout mis en valeur par un jeu de lumières sobre traduisant parfaitement l’enfermement de la jeune Française.

Puis ambiance cabaret glauque. Du rouge, beaucoup de rouge, quelques poses lascives, des lumières crues. Cette ambiance volcanique laisse libre cours à des passages dansés, tout en virtuosité : pas rapides, croisés, décroisés, enroulés, déroulés, portés, le tout exécuté, pour ces dames, sur des talons… il faut quand même le rappeler. Du rythme donc, beaucoup même, de la tristesse aussi dans cet établissement où les femmes ne semblent pas pouvoir trouver d’échappatoire et des danseurs qui n’épargnent pas leurs efforts pour faire partager au public cette histoire. L’opération-sauvetage de Lorenzo est l’occasion d’un beau duo avec Giselle, où l’on ne peut qu’admirer la précision du partenariat et la virtuosité des pas.

Si j’ai apprécié, sans y connaître grand-chose d’ailleurs, la technique et l’agilité des danseurs, si j’ai vu Tanguera sans déplaisir, j’avoue l’avoir pourtant regardé sans passion. En effet, je n’ai guère ressenti d’émotion au cours de cette trépidante aventure. Etais-je trop loin de la scène ? Peut-être…

A la fin, les danseurs et l’orchestre saluent le public et la fête continue (ou plutôt commence, Tanguera n’étant pas une histoire très joyeuse). Les danseurs évoluent alors, détachés de l’histoire et offrent au public quelques minutes supplémentaires de tango. A ce moment-là, je les aurais volontiers regardés danser pendant des heures, goûtant au plaisir pur et simple du tango détaché de toute trame narrative. Bref, même si je n’ai pas eu de coup de foudre pour Tanguera, je me serais bien laissée tenter après le spectacle par un cours de tango.

Le Théâtre du Châtelet a d’ailleurs la bonne idée de proposer pendant les week-ends un bal au sein du Grand Foyer à l’issue du spectacle pour prolonger le plaisir…(prévoir, en revanche, une petite rallonge niveau budget).

2 Responses

  1. Amélie Amélie

    at |

    Je te rejoins sur le manque de visibilité de l’histoire. C’est dommage, l’idée est bonne, les chorégraphies réussies et la troupe est vraiment bien. Il manque un bon livret derrière. Sans compter les quelques dont je pense l’on peut se passer.

Leave a Reply