Le Ballet Royal du Danemark danse Napoli au Palais Garnier

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Du 6 au 10 janvier, le Ballet Royal du Danemark est l’invité de l’Opéra de Paris. La troupe danse Napoli d’August Bournonville revu par Nikolaj Hübbe et Sorella Englund. Dans les rôles-titres, Susanne Grinder (Teresina) et Ulrik Birkkjaer (Gennaro).

Saluts_Bournonville

Napoli, créé par August Bournonville en 1842 pour le Ballet Royal du Danemark a été revu et revisité en 2009. Le ballet se déroule toujours à Naples, mais dans les années 50, les chorégraphes ayant puisé leur inspiration dans le cinéma et les grands réalisateurs tels que Fellini, Pasolini ou Rossellini. L’histoire : Teresina aime Gennaro, jeune pêcheur. Comme d’habitude dans ce genre de ballet, les choses ne sont pas simples, tout du moins au début et la mère de Teresina pas convaincue par le prétendant de sa fille. Les deux jeunes gens s’en vont pour une virade en bateau mais la tempête se déchaîne et l’embarcation chavire. Teresina se retrouve seule dans la Grotte bleue (Acte II), aux prises avec le mauvais génie Golfo qui ne lui veut pas que du bien. Gennaro la délivre, la ramène au « village » et tout finit sur fond de danses traditionnelles et de Tarantelle.

Le ballet m’a laissée plutôt sceptique. Le premier acte, qui ne dure pourtant que 36 minutes m’a semblé très long. Beaucoup de pantomime, trop à mon goût. Je ne cessais de me demander « Mais quand vont-ils enfin danser ? ». Ces scènes, si elles font partie du lot des ballets classiques et notamment de la vision qu’August Bournonville avait du spectacle dansé, m’ennuient la plupart du temps, je l’avoue. Et ce ballet n’a pas dérogé à la règle.

L’acte II, qui est entièrement nouveau, est particulier. De la vidéo, des voix parfois chuchotées qui entrent en résonance avec l’orchestre : le concept est plutôt intéressant et montre comment la danse classique peut s’insérer dans un écrin plus moderne. Mais ici, je n’ai pas trouvé le résultat très probant, trop féérique, too much quoi… J’ai bien aimé, en revanche, le trio formé par Teresina, Gennaro et Golfo (interprété par Andrew Bowman, qui a d’ailleurs été très applaudi à la fin). Ces messieurs notamment m’ont fait très bonne impression.

L’acte III est plus traditionnel et offre un spectacle vivant et réjouissant. De la danse, des soli, pas de six, trio… Les variations des hommes sont très intéressantes… beaucoup de vivacité, de batteries, des sauts avec des bras à mi-chemin entre la position préparatoire et la première position, ce qui donne une silhouette et un mouvement auxquels je n’étais pas habituée. Chez les femmes, j’ai beaucoup aimé le piquant de J’Aime Crandall. Le ballet se termine sur un beau final plein d’allant et de fraîcheur autour du couple de solistes et de leur vespa (et oui…).

Les spectateurs qui d’ailleurs avaient applaudi de façon circonspecte à la fin des deux premiers actes ont été bien plus chaleureux pour cette dernière grande fête. Au final, une œuvre pas très enthousiasmante de mon point de vue, même si l’acte III reste un petit bijou du genre et certainement l’un des témoignages les plus précieux du style Bournonville.

Susanne Grinder (Teresina) et Ulrik Birkkjaer (Gennaro)

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3 Commentaires

  • 1
    12 janvier 2012 - 21:37 | Permalien

    Je me retrouve assez dans ce que tu dis, à ceci près que le deuxième acte m’a plutôt plu (mais j’ai été davantage méchante pour le reste, ça compense). J’aimerais bien revoir la troupe dans quelque chose de plus (continûment) dansant.

  • 2
    Fab
    14 janvier 2012 - 13:56 | Permalien

    D’accord avec toi. Je ne sais pas si le choix de danser ce ballet (dans son entier) était vraiment judicieux…

  • 3
    elendae
    14 janvier 2012 - 15:05 | Permalien

    J’ai vu la même distribution et je suis d’accord avec toi. Je ne fais pas preuve de la même ouverture d’esprit, en revanche, car je n’ai tout simplement pas aimé le style « maison ». Cette crispation du haut du corps, ces bras et ces mains toutes raides, ça ne me plait pas. Après, l’aspect bondissant de toute cette suite de petits sauts qui changent de direction toutes les 3 secondes est divertissant, mais pas au-delà de 5mn. De plus, du haut de mon amphithéâtre, qui certes écrase les danseurs, j’avais du mal à apprécier leur ballon. Souvent les réceptions étaient bien lourdes.
    Je suis très sévère, mais je n’ai presque rien aimé dans ce ballet, ce qui est assez rare !

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