Le Nombre d’or de Marie Chouinard au Théâtre de la Ville

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Retour sur le dernier opus de Marie Chouinard pour quatorze danseurs, présenté au Théâtre de la Ville.

Photo : Sylvie-Ann Paré

Il y a une scène, des danseurs qui s’échauffent et puis dans le prolongement, une rampe pentue qui traverse le premier tiers de la salle. Pas de filtre donc entre danseurs et spectateurs (surtout quand votre siège jouxte la rampe), pas de rupture, les danseurs finissent de s’étirer… noir… le Nombre d’or commence.

Deux formes fœtales enveloppées dans un linceul brillant s’animent sous les feux de deux lampes maternelles, un brin terrifiantes et sortent lentement de leurs chrysalides. Naissance d’une humanité ? Masqués, les danseurs semblent expérimenter les découvertes, traverser les sensations, rires, larmes, évoluer entre unisson et singularité, humanité et animalité. Les masques sont parfois inattendus (la très drôle séquence Nicolas Sarkozy), parfois inquiétants (le masque à quatre faces). Au fur et à mesure de l’œuvre, les danseurs se débarrassent de leurs oripeaux, questionnent  la salle « What turns you on ? », crie une jeune femme qui fait tomber le masque. Ce seront au final les vêtements qui tomberont… Retour à l’innocence, à la chrysalide peut-être.

Marie Chouinard livre une œuvre parfois drôle, souvent poétique, perturbante aussi.  La scénographie est réussie, avec la vidéo qui crée, dans certaines scènes, une mise en abyme, et les danseurs, qui juchés sur la rampe, livrent aux spectateurs leurs émotions, leur énergie, à la fois vulnérables et puissants,  fixant le public au travers de leurs masques.

J’avoue m’être perdue en route, dans les dédales de l’imagination chouinardienne. Je salue en tout cas la performance des danseurs, incroyables, courageux, habités.

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