Inanna de Carolyn Carlson

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Retour sur la Première d’Inanna de Carolyn Carlson au Théâtre de Chaillot, le 15 février dernier.

Inanna est la première pièce de Carolyn Carlson créée au Centre Chorégraphique National Roubaix Nord-Pas de Calais, peu après son arrivée à la tête de cette structure en 2004.

Inanna : saluts de la Première

Carolyn Carlson et ses danseuses

Inanna est une des grandes figures de la mythologie sumérienne, déesse du Royaume d’en haut, mais aussi de l’amour et de la guerre, qui descend aux Enfers (selon les versions, à son corps défendant ou pour prendre la place de sa sœur, souveraine du Royaume d’en bas).

« Elle est une manifestation divine de l’ultime union des opposés, dévoilant pour l’humanité sa nature contradictoire », peut-on lire dans les pages du programme, dans une interview de Carolyn Carlson. Pour incarner ces paradoxes, sept danseuses sur scène, qui donnent à voir, au gré de différents tableaux, la femme-enfant, la femme-objet, la femme-mère, la femme sensuelle, la femme-working girl…, la femme dans tous ses états, et au-delà, le regard et les clichés qui entourent la représentation de la nature féminine.

Il faut le dire d’emblée : je n’ai pas été touchée par la proposition de la chorégraphe. Ce n’est pas le propos qui m’a gênée, ni la mise en scène très réussie servie par un beau jeu de lumières mais tout simplement le mouvement, la danse qui ne m’a pas convaincue. La première partie surtout, jalonnée d’entrées et de sorties de scènes, de poses, m’a particulièrement ennuyée. J’ai préféré la deuxième partie, où l’on touchait à des émotions très profondes, interprétées avec beaucoup de justesse et d’énergie par les danseuses et mises en mouvement de manière plus dynamique.

Quelques moments désopilants aussi, notamment celui où les danseuses chancelant sur leurs talons aiguille et armées d’une balle en mousse glissant sous leurs vêtements incarnent les mille et un mythes et clichés autour de la femme. Et d’autres scènes très esthétiques, comme celle où des danseuses hilares et moulées dans une robe bleu nuit glissent le long d’un élément du décor en forme de mont ou de pic (représentation de la masculinité ? voir photo).

Beaucoup d’applaudissements, en tout cas, à la fin de l’œuvre. Mais autant Blue Lady m’avait charmée, autant cette Inanna m’aura laissée de marbre.

D’autres avis : le blog du petit Rat

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3 Commentaires

  • 1
    19 février 2012 - 15:22 | Permalien

    Bon, eh bien tu me rassures, car j’avais hésité à y aller (Carolyn Carlson le présentait à Roubaix la semaine dernière avant de partir en tournée), apparemment j’ai bien fait de m’abstenir.

    Le ballet a visiblement été « couronné de succès » à sa création, mais cette mention pour la danse contemporaine est toujours un peu piège : on ne sait jamais si tout le monde a vraiment été enthousiasmé ou si les critiques ont préféré écrire que c’était génial de peur de passer pour des idiots qui n’auraient rien compris…

  • 2
    19 février 2012 - 21:35 | Permalien

    Amusant comme le thème du genre guide notre perception, jusqu’au décor. Seulement, ce mont d’où les danseuses dégringolent à l’envers, je le voyais plutôt comme un mont de Vénus renversé que comme un symbole de virilité…

  • 3
    Fab
    20 février 2012 - 00:00 | Permalien

    @mimylasouris Ah oui, un mont de Vénus renversé, c’est pas bête ça! :-) @Pink Lady Je comprends que l’oeuvre ait pu plaire. Mais je ne sais pas, au niveau de la chorégraphie, j’ai trouvé que ça manquait de souffle. J’ai pas été embarquée quoi…

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