Première de la nouvelle création du chorégraphe britannique Russell Maliphant au Théâtre de Chaillot autour de l’œuvre de Rodin.

« Rodin disait qu’il créait ses œuvres à 360 degrés et cela m’a conduit pour un certain nombre de raisons vers le hip hop, le popping et la capoeira ». Voilà un programme qui, sur le feuillet de présentation du théâtre, semblait plutôt alléchant.
Carrée dans un fauteuil dit à visibilité réduite (toujours pas compris où était la visibilité réduite), je découvre donc le décor du premier tableau. Ambiance atelier d’artiste et toges romaines. Les six danseurs évoluent sur un promontoire drapé. Le tout est très esthétique, un peu ennuyeux, traversé de poses alanguies. Mon intérêt s’éveille lors d’un duo masculin, rythmé par une gestuelle très inspirée par la capoeira, mâtinée de hip hop. Un troisième danseur, entre popping et boogaloo (bon, je suis pas spécialiste), m’a semblé illustrer à merveille la puissance et la beauté du corps sculpté. Fin de la première partie, applaudissements pas survoltés.
Deuxième partie. Le « promontoire » est nu, dépouillé de ses grands draps blancs. Les danseurs cette fois-ci en tenue plus contemporaine investissent pleinement tous les plans, les inclinaisons et les angles des éléments pentus occupant la scène. Les corps se plient, rebondissent, se suspendent, magnifiés par une lumière mettant en valeur les dos, les abdominaux, la puissance musculaire. Comme dans la première partie, les parties dévolues aux garçons m’ont semblé plus denses, plus intéressantes. Et j’ai été frustrée de ne pas voir les danseuses évoluer sur des rythmes plus diversifiés. Au final, quelques jolis moments mais des longueurs aussi, comme si chaque idée était creusée un peu trop longtemps, jusqu’à essoufflement du concept et de la partition chorégraphique (et les stroboscopes, à la fin, efficaces, certes mais pas très novateurs…).
Le Projet Rodin est à l’affiche à Chaillot jusqu’au 10 février.
2 Commentaires
Puis-je me permettre ici une intervention diamétralement opposée ? N’hésitez-pas à supprimer ce commentaire, je comprendrai…
Mais vraiment, non, je n’ai pas passé une bonne soirée, mercredi dernier, avec cette pièce que j’ai trouvée affligeante.
Je suis certains que ces hommes et ces femmes savent danser, habituellement, mais là, c’était tout ce qu’on veut sauf de la danse. Ce n’était même pas de la récupération de hip-hop ou de capoeira au service de la danse.
Qu’était-ce ? Un show de culturistes, qui lentement, bougent leurs corps pour nous permettre de voir, sous tous les angles, chacun de leurs muscles ? Une parodie de séance d’académie dans une école d’art pour retraités actifs ? Ou seulement… rien du tout ?
Dans la 2e partie, le passage où 2 des danseurs s’ébrouent sur le pan vertical m’a fait penser à la cage des gibbons au Jardin des Plantes. Je n’ai pu réprimé un rire contenu…
Là où je vous rejoins, c’est à propos de la mise en retrait des rôles féminins. Tout à fait dommage.
Mais là encore, la « scène » du strip tease fut ridicule ! Mon voisin « ah, ça manquait !… » J’ai ri, encore, avec lui.
Ce même voisin eut une pertinente formule en sortant « Manifestement, ces gens ont pris beaucoup de plaisir à ne pas nous en donner ». J’y souscris.
Allez, vivement ce soir… Orphée !!!
Tous les avis sont les bienvenus, Jérôme!
Tout en ayant un jugement moins sévère que le vôtre, je ne garderai pas un grand souvenir de ce ballet. Sur le passage des deux danseurs évoluant sur le mur, j’ai pour ma part plutôt aimé même si je l’ai trouvé trop long et répétitif (et lors de la Première, il y a eu, en plus, un problème de décor qui leur a grandement compliqué la tâche)… Pour moi, dans ce ballet, il y a, avant tout un manque d’unité et de fil conducteur.