Répétition publique de La Bayadère

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Répétition publique du ballet La Bayadère à l’amphi Bastille menée avec passion et humour par Laurent Hilaire, maître de ballet à l’Opéra de Paris. Dans les rôles de Solor et Nikiya, Karl Paquette et Emilie Cozette.

Karl Paquette, Elena Bonnay (chef de chant), Laurent Hilaire et Emilie Cozette

Ce fut une répétition passionnante que celle de ce samedi, menée de main de maître par Laurent Hilaire, ancien danseur étoile et créateur du rôle de Solor dans la version Noureev de La Bayadère entrée au répertoire de l’Opéra de Paris en 1992. A ses côtés, Emilie Cozette et Karl Paquette, venu tout droit de l’Opéra Garnier où il répétait « Dances at a Gathering » de Jérôme Robbins. « Bon, il m’a envoyé un texto tout à l’heure pour me dire qu’il avait fait des portés et qu’il en avait plein les bras », annonce Laurent Hilaire, d’humeur visiblement facétieuse. Emilie Cozette place son tutu au centre du plateau pour figurer le feu du premier acte et c’est parti.

La répétition commence avec le rendez-vous de Solor et Nikiya, au premier acte. Un pas de deux qui ne manque pas de portés justement. Le premier n’est pas facile à réussir. Nikiya doit se jeter à l’horizontale dans les bras de Karl Paquette. Tout cela, bien sûr, en donnant une impression d’aisance et de fluidité. Laurent Hilaire demande aux danseurs de refaire ce passage à plusieurs reprises : « Il va me maudire ! », dit Laurent Hilaire en regardant amusé Karl Paquette.

Le maître de ballet, totalement investi, évolue aux côtés des danseurs, prend la place de Nikiya (ce qui donne lieu à plusieurs moments plutôt cocasses) ou de Solor, pour rectifier ou montrer un mouvement, comprendre un problème d’appui, mimer un geste, une intention. Sur les portés justement toujours périlleux dans ce type de ballet, Laurent Hilaire conseille : « Trouve un peu plus de décalé Emilie, ce qui va l’aider, c’est le contact avec ton corps », « Tu montes ton bassin trop tard » ; rassure : « Il n’y a aucun danger si la prise est bonne » ; plaisante devant un grand porté impressionnant : « Et encore, là, il n’y a pas la fosse d’orchestre ».

Mais c’est surtout sur les intentions, sur le pourquoi du geste, sur son tempo que les explications de Laurent Hilaire apportent un éclairage intéressant : « Emilie, tu te sens belle avec lui », « Profite de son regard ». « Attends Karl, je vais profiter de ton regard ». Laurent Hilaire se met à la place de Nikiya pour mieux montrer l’intention, l’échange avec Solor, le mouvement des bras. Un peu plus tard, sur des piétinés/menés d’Emilie Cozette face au public, effectués après la déclaration d’amour de Solor, Laurent Hilaire précise : « Emilie, ce moment de bonheur, tu l’attendais, tu le savoures (…) là, tu restes, tu restes… ».

Il explique d’ailleurs l’importance de savoir redonner du sens à chaque mouvement, de savoir pourquoi on le fait. Il est vrai que pendant cette répétition, la danse classique apparaît incroyablement vivante, sensuelle.

Le travail porte également sur le placement du corps sur la musique et la fluidité du mouvement : « Une main, Karl, pas deux, comme un fétu de paille, explique-t-il au danseur étoile qui doit faire tourner sa partenaire.

La répétition se termine sur un solo de Solor du début de l’acte III. Laurent Hilaire fait répéter à Karl Paquette les placements et les épaulements : « Rudolf voulait ça » explique-t-il. Un beau moment que de voir le danseur étoile et le maître de ballet évoluer l’un derrière l’autre à la recherche du bon placement, à l’écoute de la musique.

Une répétition drôle, vivante, très intéressante. Difficile d’évaluer le potentiel du couple Emilie Cozette (Nikiya est, pour elle, une prise de rôle) – Karl Paquette (plutôt fermé hier, ne se déridant qu’à deux ou trois reprises). Au-delà de la technique, c’est une alchimie, une complicité qu’il va falloir trouver. Comme le dit si bien Le Petit Rat, « laissons encore du temps à ce couple pour s’épanouir ».

La Bayadère aura lieu à Bastille à partir du 7 mars, avec début avril (les 2 et 4, normalement) Svetlana Zakharova en guest-star.

6 Responses

  1. Amélie Amélie

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    Mais c’est quoi ce look pure 90′s de Laurent Hilaire ???

    Plus sérieusement, le couple de cette répétition avait achevé de me démotiver pour y aller, ayant déjà un samedi bien rempli.

    Dommage pour Laurent Hilaire, qui doit effectivement être très intéressant. J’avais beaucoup apprécié une répétition de Giselle qu’il menait, c’est quelqu’un de visiblement passionné par la transmission./

  2. lulu lulu

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    Bonne Nouvelle pour Bourdon/Nikiya, Dayanova /Gamzatti et Bullion/Solor qui va tous nous mettre d’accord et nous remotiver…. C’est officiel, la Direction de l’ONP leur donne une Représentation de la Bayadère le 24 Mars. C’est génial de faire confiance à ces 3 jeunes et merveilleux talents.

  3. le thierry le thierry

    at |

    je regrette énormément de n’avoir pas vu L. Hilaire et I. Guérin en 1992 (j’ai la vidéo), par contre je serais extrêmement déçue de ne pas voir A. Dupont et Bullion à la première (quand aura-t-on les distributions ?°

  4. Garnier Garnier

    at |

    Comment cela se fait-il qu’il y ait si peu d’étoiles pour les premiers rôles ? C’est bien de donner une chance aux autres, mais à ce point…. Grosse différence dans les distributions et on ne les a pas encore !!!!!!

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