Retour sur la Première de la trilogie Balanchine lundi 24 septembre au Palais Garnier, précédée du traditionnel et toujours émouvant défilé de l’école de danse et du Ballet de l’Opéra de Paris.
Les premières notes de la Marche des Troyens de Berlioz résonnent, le rideau s’ouvre et l’émotion est toujours présente quand s’avancent sur la scène les premiers rangs de l’école de de danse de l’Opéra de Paris. Les applaudissements fusent quand Myriam Ould-Braham, la dernière danseuse étoile nommée (et donc la première à défiler), vient saluer le public. Aurélie Dupont, Marie-Agnès Gillot, Mathieu Ganio et Nicolas Le Riche semblent également avoir eu les faveurs de l’applaudimètre. Au final, un moment toujours aussi enthousiasmant. Les spectateurs, moins chaleureux qu’à l’accoutumée, ont cependant très longuement applaudi l’ensemble des artistes lors du dernier tableau.
Sérénade
Après un court entracte, retour à ma baignoire (avec angle mort) pour découvrir la trilogie Balanchine. Dans Sérénade (1934), les danseuses, en long tutu vaporeux évoluent, délicates et gracieuses, sur la partition de Tchaïkovski. Tous les codes classiques y sont, avec un petit twist à la Balanchine, comme dans cette scène d’ouverture, où les danseuses, pieds fermés en sixième position légèrement ouverte, un bras levé vers l’avant, semblent présider à quelque cérémonie onirique et obscure. Ludmila Pagliero, Laëtitia Pujol et Eleonora Abbagnato animent ce chœur de femmes. Eleonora Abbagnato signe son retour sur scène après son congé maternité. Même si elle n’a pas la technique la plus précise, la danseuse rayonne toujours autant sur scène. Côté masculin, on retrouvait avec plaisir Hervé Moreau (il n’est donc plus question d’adieux à la scène) et Pierre-Arthur Raveau qui semble très à l’aise dans son statut de demi-soliste. Dans le corps de ballet, Mathilde Froustey et Marine Ganio crèvent l’écran, si j’ose dire…
Agon
Agon (1957) offre une tout autre facette du style Balanchine. Ici, point de tutus vaporeux. Costumes sobres, tonalités blanches et noires. Les mouvements privilégient les lignes droites, les pieds sont parfois flex, les poignets cassés. Sur la partition pas facile du tout d’Igor Stravinsky, Agon offre une chorégraphie tout à fait stimulante, servie par des interprètes convaincants, qui se croisent en duos, trios et quatuor. Du côté des solistes féminines, Nolwenn Daniel, Muriel Zusperreguy, Myriam Ould-Braham et Aurélie Dupont. Chez les hommes, Mathieu Ganio, Alessio Carbone, Christophe Duquenne et Nicolaaaaaaas, pardon Nicolas Le Riche. Le pas de trois réunissant la lumineuse Myriam Ould-Braham, le pétulant Alessio Carbone et l’élégant Christophe Duquenne était tout à fait réussi. Quant à Aurélie Dupont et Nicolas Le Riche, ils ont une aura indéniable. Leur entrée sur scène était un mélange de charisme et de « On ne s’excuse pas d’être ici ».
Le Fils prodigue
Dernière pièce de la soirée : le Fils prodigue, qui est chronologiquement, le ballet le plus ancien. La trame narrative est ici très forte. L’aspect théâtral est tout aussi important que la danse. Marie-Agnès Gillot et Jérémie Bélingard prêtaient leur forte personnalité aux rôles-titres. Ce qui n’aura pas suffi à me sortir de la torpeur de mon état grippal.
Après cette soirée fort instructive, un constat s’impose (et se confirme) : je n’ai pas beaucoup d’affinités avec le style Balanchine. Je tenterai toutefois de revoir ce programme une deuxième fois pour affiner mes impressions.




4 Commentaires
j’ai le même avis que toi!
Le fils prodigue a bien failli m’endormir complètement. Et pourtant je n’étais pas malade!
Je suis d’accord sur le Fils Prodigue, mais je fais le constat global inverse : plus je vois du Balanchine, et plus j’aime
Agon a été mon régal de la soirée (avec bien sûr les applaudissements pour MOB lors du Défilé).
Sérénade m’a un peu laissé sur ma faim, mais je pense qu’il s’agit plus d’une question de rodage, d’envie de bien faire pour la Première qui passe par-delà la musique. Je suis curieuse d’y retourner dans 15 jours voir s’il y a une différence.