Concours de promotion du corps de ballet de l’Opéra de Paris dames 2015

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On l’avait pensé, un moment, sur la corde raide, suspendu au vote des danseurs et au choix final du directeur de la danse, mais tel le blockbuster de l’année, il revient… J’ai nommé : le concours de promotion du corps de ballet ! Avec ses surprises, ses rebondissements et cette petite question qui ne cesse de tarauder les esprits : faut-il maintenir le concours ?

Et cette année, un concours très ouvert pour les dames avec cinq postes de coryphées, quatre de sujets et deux de premières danseuses. C’est dire s’il fallait tenter sa chance en espérant que le jury attribue l’ensemble des postes ouverts, contrairement à l’année passée.

Classe des quadrilles

Dix-huit danseuses se sont présentées au concours. En variation imposée : un extrait du Grand pas classique de Victor Gsovsky. Katherine Higgins s’y est particulièrement distinguée, affichant une décontraction et une aisance assez bluffantes. J’ai également beaucoup apprécié la proposition de Leïla Dilhac, très fluide et lumineuse, malgré une petite anicroche au début du manège. Amélie Joannidès, Camille de Bellefon, Roxane Stojanov et Alice Catonnet m’ont aussi fait bonne impression, impression toute subjective, bien entendu.

Les variations libres ont mis une nouvelle fois en valeur les qualités de Katherine Higgins (Robbins), Leïla Dilhac (Balanchine) mais aussi Roxane Stojanov (Robbins) et Sophie Mayoux (Balanchine) (à croire que le concours de promotion dames était, cette année, sponsorisé par le New York City Ballet). Un petit mot également pour dire tout le bien que j’ai pensé de la variation libre de Sophia Rosolini, qui incarnait Nikiya dans l’acte II de La Bayadère. Que d’émotion dans ces pas et ces ports de tête !

Résultats : Roxane Stojanov, Katherine Higgins, Sophie Mayoux, Leïla Dilhac et Alice Catonnet ont été promues coryphées.

Classe des coryphées

C’est sur la variation « Pizzicati » de Raymonda (Noureev) que les coryphées se sont élancées. Je n’ai pas, sur cette variation, eu véritablement de coup de cœur, le niveau étant relativement homogène. Les variations libres, en revanche, m’ont permis de me faire une idée plus précise. La Danseuse en vert pleine d’esprit de Lydie Vareilhes (Oui, Robbins, oui…), la Belle au bois dormant évanescente et surnaturelle de Marion Barbeau sur une chorégraphie de Rosella Hightower et l’explosive Ida Viikinkoski dans Diane et Acteon m’ont définitivement séduite. Letizia Galloni a, pour sa part, réalisé un concours très équilibré, ce qui n’aura pas suffi, malheureusement.

Résultats : Marion Barbeau, Ida Viikinkoski, Fanny Gorse et Lydie Vareilhes ont été promues sujets.

Classe des sujets

Deux places pour huit candidates, dont la moitié avait choisi en variation libre du Robbins ou du Balanchine, la variation imposée étant la variation du printemps issue de The Four Seasons de… Robbins !

  • Si l’on s’en tient au concours, alors pour moi, pas de doute : les deux places se jouaient entre Héloïse Bourdon, Hannah O’Neill et Sae Eun Park. Tout dépendait ensuite des qualités que le jury recherchait.
  • Si l’on s’en tient aux personnalités mises en avant par le directeur de la danse en termes de distributions, alors on pouvait sans doute parier sur Hannah O’Neill et Léonore Baulac (oui, mais dans ce cas, pourquoi Letizia Galloni n’a-t-elle alors pas été promue dans la classe des coryphées ?)

Résultats : Hannah O’Neill et Léonore Baulac ont été promues Premières danseuses

Mes conclusions :

1. Héloïse Bourdon n’est toujours pas promue Première danseuse. Pourtant, elle en a toutes les qualités démontrées tant sur scène que lors des derniers concours de promotion. J’espère pour elle une reconnaissance prochaine, pas trop tardive.

2. Le concours sert-il à quelque chose pour la classe des Sujets ? Les choix sont-ils vraiment guidés par les prestations réalisées le jour J ou par des choix artistiques à moyen terme dépassant largement le cadre du concours ? S’il est toujours très plaisant de voir évoluer cette classe, est-il vraiment utile de la faire passer sous les feux de la rampe et le regard du jury ?

Dans tous les cas, félicitations à toutes les promues ainsi qu’à l’ensemble des candidates, qui, je l’espère, vont pouvoir enfin décompresser. Et à vendredi pour les aventures de ces messieurs, à suivre en direct sur @blogapetitspas !

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