Archives du tag: Alessio Carbone

Troisième symphonie de Gustav Mahler par John Neumeier

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Quelques impressions sur la Première de ce ballet de John Neumeier, actuellement à l’affiche à l’Opéra Bastille.

Neumeier_symphonie_saluts

Au premier rang : Mathias Heymann, Isabelle Ciaravola, Karl Paquette, Eleonora Abbagnato, Stéphane Bullion. Au deuxième rang : Mathilde Froustey, Vincent Cordier, Aurélia Bellet, Fabien Révillion

Une partition ambitieuse, un ballet symphonique de deux heures, six mouvements, six tableaux, du blanc, du rouge, quelques pastels, des clairs-obscurs… C’est la troisième symphonie de Gustav Mahler mise en mouvements et en lumières par John Neumeier ; ballet entré tout récemment au répertoire du ballet de l’Opéra de Paris (mars 2009).

Dans un océan de miasmes et de remugles de morve en tout genre, quintes de toux et j’en passe (merci mes voisins du 1er balcon…), j’ai trouvé à cette Å“uvre symphonique et chorégraphique un magnétisme certain, avec cette quête initiatique et universelle du personnage principal, l’Homme.

Les six mouvements chorégraphiés installent chacun une tonalité différente, du blanc embryonnaire du début vers le vert, nerf de la guerre, puis les doux pastels du deuxième mouvement primesautier, les rouges chaleureux du troisième mouvement (qui s’étirrrre en longueur), les blancs et chair épurés du quatrième mouvement, le rouge (de l’innocence ?) du cinquième mouvement, rouge amour rouge toujours du dernier mouvement.

Karl_Paquette_Neumeier_symphonie

Karl Paquette

Que dire des danseurs ? Que du bien. Mais oui… Bien sûr, quelques petites désynchronisations de-ci de-là dans les grands tableaux d’ensemble, mais, au final, j’ai trouvé cette distribution très cohérente. Karl Paquette, l’Homme, est tout à fait convaincant dans un rôle pas si simple à porter. Il y amène sa force tranquille, dépourvue d’affectation. On revoit avec bonheur Mathias Heymann, en chef de guerre puissant. Et puis, Mélanie Hurel, Alessio Carbone, Mathilde Froustey, Aurélia Bellet, Vincent Cordier… et Laura Hecquet/Florian Magnenet, parfaitement accordés, à la danse épurée, minérale, réglée comme un métronome.

Eleonora Abbagnato et Stéphane Bullion

Eleonora Abbagnato et Stéphane Bullion

Si Eleonora Abbagnato ne m’avait pas totalement convaincue en Carmen, elle m’a semblé ici tout à fait à son aide, gracile et sensuelle, aux côtés de Karl Paquette et de Stéphane Bullion dans le Pas de trois de « la Nuit », porté par une partition magnifique. Quant à Isabelle Ciaravola, le rôle de l’Ange lui va bien… Intemporelle, immatérielle, en un mot, exquise !

Avec Simon Hewett (direction musicale) et Aline Martin (mezzo-soprano)

J’oubliais… ce ballet sera retransmis en direct dans certaines salles de cinéma le jeudi 18 avril !

Kaguyahime de Jirí Kylián

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Retour sur la Première de Kaguyahime de Jirí Kylián au Palais Garnier avec Alice Renavand dans le rôle-titre et Hervé Moreau dans le rôle du Mikado.

Alice Renavand et Hervé Moreau

Jirí Kylián s’est inspiré d’un des contes japonais les plus célèbres pour mettre en images et en mouvements l’histoire de cette Princesse. J’avais découvert ce ballet à Bastille avec ravissement en 2010 et j’étais impatiente de le redécouvrir dans l’enceinte de Garnier. Il faut dire que Kaguyahime est, ce qu’on pourrait appeler, une œuvre d’art totale, ce qui contribue amplement à sa réussite. La superbe musique de Maki Ishii déploie tour à tour de douces lignes mélodiques chantées par des instruments à vents et des déchaînements tonitruants, vibrants, scandés par les tambours japonais. La partition musicale épouse ainsi parfaitement le climat de douceur, de passion et de fureur chorégraphié par Jirí Kylián.

Pour incarner Kaguyahime, Princesse de la Lune, Alice Renavand. Tout au long du ballet, elle reste altière, lointaine, détachée des émotions humaines (notamment lorsqu’elle est malmenée par les hommes de main du Mikado), à la fois rayonnante et secrète, hors de portée. Bref, Alice Renavand incarne une très convaincante Princesse dont on comprend qu’elle puisse, à ce point, fasciner. Hervé Moreau est, pour sa part, sous-employé dans le rôle du Mikado, qui, en termes chorégraphiques, est disons-le… plutôt mince.

Le corps de ballet de l’Opéra de Paris est tout à son aise dans ce répertoire. Parmi les prétendants de la Princesse, Alessio Carbone, Adrien Couvez et Aurélien Houette ont particulièrement retenu mon attention, le premier pour sa sensualité, le deuxième pour sa force, le troisième pour…les deux à la fois. Toujours du côté des garçons, l’énergie d’Allister Madin est encore une fois communicative et les scènes de combat le mettent particulièrement en valeur. Chez les filles, j’ai retenu les présences lumineuses d’Amandine Albisson et de Charlotte Ranson, le mordant de Caroline Bance et l’élan de Laurène Levy (même si j’avoue avoir eu du mal à la reconnaître).

Kaguyahime est à l’affiche au Palais Garnier jusqu’au 17 février. Pour voir les dates et les distributions, c’est par ici.

Soirée Balanchine : Sérénade / Agon / Le Fils prodigue

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Retour sur la Première de la trilogie Balanchine lundi 24 septembre au Palais Garnier, précédée du traditionnel et toujours émouvant défilé de l’école de danse et du Ballet de l’Opéra de Paris.

Serenade_Abbagnato_Moreau

Au premier plan, Eleonora Abbagnato et Hervé Moreau dans Sérénade

Les premières notes de la Marche des Troyens de Berlioz résonnent, le rideau s’ouvre et l’émotion est toujours présente quand s’avancent sur la scène les premiers rangs de l’école de de danse de l’Opéra de Paris. Les applaudissements fusent quand Myriam Ould-Braham, la dernière danseuse étoile nommée (et donc la première à défiler), vient saluer le public. Aurélie Dupont, Marie-Agnès Gillot, Mathieu Ganio et Nicolas Le Riche semblent également avoir eu les faveurs de l’applaudimètre. Au final, un moment toujours aussi enthousiasmant. Les spectateurs, moins chaleureux qu’à l’accoutumée, ont cependant très longuement applaudi l’ensemble des artistes lors du dernier tableau.

Sérénade

Après un court entracte, retour à ma baignoire (avec angle mort) pour découvrir la trilogie Balanchine. Dans Sérénade (1934), les danseuses, en long tutu vaporeux évoluent, délicates et gracieuses, sur la partition de Tchaïkovski. Tous les codes classiques y sont, avec un petit twist à la Balanchine, comme dans cette scène d’ouverture, où les danseuses, pieds fermés en sixième position légèrement ouverte, un bras levé vers l’avant, semblent présider à quelque cérémonie onirique et obscure. Ludmila Pagliero, Laëtitia Pujol et Eleonora Abbagnato animent ce chœur de femmes. Eleonora Abbagnato signe son retour sur scène après son congé maternité. Même si elle n’a pas la technique la plus précise, la danseuse rayonne toujours autant sur scène. Côté masculin, on retrouvait avec plaisir Hervé Moreau (il n’est donc plus question d’adieux à la scène) et Pierre-Arthur Raveau qui semble très à l’aise dans son statut de demi-soliste. Dans le corps de ballet, Mathilde Froustey et Marine Ganio crèvent l’écran, si j’ose dire…

Serenade_Pagliero_Raveau

Agon

Agon (1957) offre une tout autre facette du style Balanchine. Ici, point de tutus vaporeux. Costumes sobres, tonalités blanches et noires. Les mouvements privilégient les lignes droites, les pieds sont parfois flex, les poignets cassés. Sur la partition pas facile du tout d’Igor Stravinsky, Agon offre une chorégraphie tout à fait stimulante, servie par des interprètes convaincants, qui se croisent en duos, trios et quatuor. Du côté des solistes féminines, Nolwenn Daniel, Muriel Zusperreguy, Myriam Ould-Braham et Aurélie Dupont. Chez les hommes, Mathieu Ganio, Alessio Carbone, Christophe Duquenne et Nicolaaaaaaas, pardon Nicolas Le Riche. Le pas de trois réunissant la lumineuse Myriam Ould-Braham, le pétulant Alessio Carbone et l’élégant Christophe Duquenne était tout à fait réussi. Quant à Aurélie Dupont et Nicolas Le Riche, ils ont une aura indéniable. Leur entrée sur scène était un mélange de charisme et de « On ne s’excuse pas d’être ici ».

Le Fils prodigue

Dernière pièce de la soirée : le Fils prodigue, qui est chronologiquement, le ballet le plus ancien. La trame narrative est ici très forte. L’aspect théâtral est tout aussi important que la danse. Marie-Agnès Gillot et Jérémie Bélingard prêtaient leur forte personnalité aux rôles-titres. Ce qui n’aura pas suffi à me sortir de la torpeur de mon état grippal.

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Jérémie Bélingard et Marie-Agnès Gillot

Après cette soirée fort instructive, un constat s’impose (et se confirme) : je n’ai pas beaucoup d’affinités avec le style Balanchine. Je tenterai toutefois de revoir ce programme une deuxième fois pour affiner mes impressions.

Jerome Robbins / Mats EK : Première !

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Première au Palais Garnier de la soirée Jerome Robbins / Mats Ek. Deux chorégraphes, deux ballets : Dances at a gathering et Appartement. Grand écart entre valses et marche des aspirateurs…

Dances at a gathering de Jerome Robbins

Dances at at gathering

Créé en 1969 pour le New York City Ballet, Dances at a gathering met en scène dix danseurs, cinq filles, cinq garçons. Pas de narration, mais des rencontres, des chassés-croisés, des jeux, « … comme si les danseurs étaient propulsés par des rafales de vent, des impulsions soudaines ou comme si une rêverie déclenchait le geste »*. On retrouve un vocabulaire classique émaillé de quelques postures plus jazzy, avec utilisation d’angles et de lignes notamment dans les bras, les poignets.

Ce Dances at a gathering est long : 63 minutes qui prennent tout leur temps pour s’écouler (et s’étirer) sur la musique de Chopin. Heureusement, le ballet de l’Opéra de Paris y est fort à son aise. Mathieu Ganio (en marron) fait une belle entrée en matière, gracile et élégant. Muriel Zusperreguy (en jaune), lumineuse, nous offre un très joli moment de badinage, drôle et enlevé avec le pétillant Alessio Carbone. Ludmila Pagliero (en rose) se distingue, quant à elle, par une technique affûtée et précise, tout en aisance.

Le pas de six de la grande Valse brillante (Eve Grinsztajn, Mélanie Hurel, Muriel Zusperreguy, Christophe Duquenne, Karl Paquette, Benjamin Pech) très réussi, clôturé par une série de portés virevoltants, se révèle fort agréable à regarder. Et je n’oublie pas la présence d’Agnès Letestu (en vert), qu’on aurait tout de même aimé voir un peu plus, son rôle me paraissant à la limite de l’anecdotique.

Au final, une grande valse plaisante et rondement menée, à défaut d’être totalement entraînante.

Paquette_Zusperreguy

Karl Paquette et Muriel Zusperreguy

 

Appartement de Mats Ek

saluts_Appartement_Premiere

C’est une œuvre qu’il faut voir au moins une fois. Déroutante, poétique, amusante, absurde, triviale, du Mats Ek pur jus avec, en prime, un groupe live sur scène, « le Fleshquartet » (et une partition au moins aussi inspirée que la chorégraphie). S’ancrant comme très souvent chez Mats Ek dans le quotidien, Appartement nous amène d’un bidet à une télévision, d’une cuisinière à une porte en passant par une (géniale) marche des aspirateurs. Les danseurs sont totalement dedans. En même temps, du Mats Ek, ça ne se danse pas à moitié.

Marie-Agnès Gillot déploie avec énergie sa longue silhouette autour d’un bidet, José Martinez (quelle joie de le revoir !) promène élégamment son ennui et sa solitude devant une télévision, Jérémie Bélingard et Clairemarie Osta nous donnent à voir un couple si ordinaire en apparence et pourtant… derrière la porte du four…

Nicolas Le Riche derrière la Porte, saisit une Alice Renavand, vibrante de sensualité dans un Pas de deux qui reste, pour moi, l’un des plus beaux moments de cette Å“uvre, tandis qu’Adrien Couvez, Laure Muret, Audric Bezart, Amandine Albisson, Nolwenn Daniel, Simon Valastro animent les autres tranches de vie avec panache. Le final réunissant l’ensemble des danseurs sur l’avant-scène est un régal. J’ai envié les spectateurs du premier rang de l’orchestre…

Beaucoup d’applaudissements pour cet Appartement, pour les danseurs, les musiciens et Monsieur Mats Ek venu saluer lui aussi.

Jérémie Bélingard, Marie-Agnès Gillot, José Martinez et Alice Renavand

 

Mats Ek

Mats Ek au milieu des danseurs et des musiciens

 

*Programme de l’Opéra de Paris, Dances at a gathering par Deborah Jowitt

Cendrillon : Aurélie Dupont et Josua Hoffalt

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Représentation du ballet Cendrillon de Noureev du 28 décembre avec Aurélie Dupont, Josua Hoffalt (l’acteur-vedette), Ludmila Pagliero et Mélanie Hurel (les sÅ“urs), Stéphane Phavorin (la Marâtre), Yann Saïz (le producteur) et Alessio Carbone (le professeur de danse).

Retour à Bastille pour les beaux yeux d’Aurélie Dupont et Josua Hoffalt, le reste de la distribution étant le même que pour la soirée du 22 décembre.

Aurélie Dupont_Josua Hoffalt

Aurélie Dupont et Josua Hoffalt

Acte I. On retrouve donc Cendrillon, malmenée par les toujours convaincantes Ludmila Pagliero et Mélanie Hurel, chapeautées avec panache par Stéphane Phavorin. Aurélie Dupont s’avère être une Cendrillon touchante, avec une belle qualité de mouvement tout en délicatesse et un travail très abouti au niveau des bras et du haut du corps. Un peu plus d’expressivité n’aurait sans doute pas été de trop (contrairement au maquillage très prononcé qui ne faisait pas très « souillon »), d’autant qu’à Bastille les spectateurs sont vite loin de la scène. Le fameux numéro de claquettes était bien exécuté, même s’il a été à mon sens mieux réussi par Emilie Cozette très à l’aise dans ce genre d’exercice.

Lorsque Cendrillon devient actrice, Aurélie Dupont rayonne alors véritablement en star, secondée par un Yann Saïz débonnaire et charismatique à souhait en producteur. J’ai oublié de mentionner Alessio Carbone, toujours excellent en professeur, aérien, fluide, élégant.

Acte II ou l’entrée tant attendue de l’acteur-vedette, incarné par Josua Hoffalt (je sais, je zappe les divertissements). Des sauts amples, une vraie présence en scène. Bref, par rapport à ses prédécesseurs, c’est une entrée en matière qui ne m’a pas déçue. Lorsqu’Aurélie Dupont fait son apparition tout en haut de l’escalier, on atteint le comble du glamour. Le couple des acteurs-vedettes est on ne peut plus crédible, à la fois sur le plan de l’interprétation et celui de la technique. Allez, petit bémol, sinon ce ne serait pas drôle : il y avait peut-être un chouilla de crispation dans le pas de deux du tabouret. Si Josua Hoffalt a gardé tout du long un large sourire, Aurélie Dupont m’a semblé plus tendue.

Acte III. L’acteur-vedette cherche sa princesse, efficacement épaulé par Alexis Renaud et Adrien Couvez ainsi que par un corps de ballet masculin convaincant et énergique.

Très beau tableau de la taverne espagnole avec un couple Pagliero/Hoffalt qui prenait visiblement plaisir à danser ensemble. L’on retrouve ensuite rapidement Cendrillon et ses méchantes sœurettes avec le duo Pagliero/Hurel qui fonctionne toujours parfaitement bien et qui, mine de rien, en faisant les pitres, passe quelques difficultés techniques avec aisance et décontraction. Aurélie Dupont, dans ses habits de Cosette (voilà, hein, pas de jeux de mots…), est toujours autant malmenée.

Mais pas pour longtemps ! L’acteur-vedette la retrouve enfin pour le Pas de deux final. A ce jeu-là, j’ai préféré le couple Florian Magnenet – Dorothée Gilbert qui m’a davantage transportée. Là encore, il m’a semblé déceler un peu de crispation, un petit quelque chose de pas complètement libéré dans ce partenariat, qui a sans doute enlevé un peu de lyrisme à cette scène finale.

Au final, une soirée fort agréable même si dans la série des ballets de fin d’année, ma préférence va largement à Onéguine, bien plus intéressant sur le plan chorégraphique. Mais les ensembles (valse mauve, danseurs du film de l’acte II…) étaient bien construits, le couple principal plutôt brillant et à son aise et les personnages secondaires inspirés. Mention spéciale à Ludmila Pagliero, Yann Saïz et Alessio Carbone.

C’est le dernier compte rendu de cette année 2011. Je vous souhaite à tous une excellente fin d’année. Retour de Blog A petits Pas dès le 1er janvier pour un bilan de cette première moitié de saison « danse ». J’ai commencé à remplir l’agenda du mois de janvier (en haut dans la colonne de droite). N’hésitez pas à le consulter!

La Source : Myriam Ould-Braham/Josua Hoffalt/Muriel Zusperreguy

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Représentation du 5 novembre avec Myriam Ould-Braham (Naïla), Josua Hoffalt (Djémil), Muriel Zusperreguy (Nourreda), Alessio Carbone (Zaël), Christophe Duquenne (Mozdock), Charline Giezendanner (Dadjé) et Emmanuel Hoff (Le Khan).

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Josua Hoffalt, Jean-Guillaume Bart et Myriam Ould-Braham

Retour à Garnier pour ma troisième et dernière Source afin de voir (enfin !) Myriam Ould-Braham dans le rôle de Naïla. La rencontre organisée à l’amphithéâtre Bastille, il y a quelques semaines, m’avait laissé entrevoir toutes les possibilités de Myriam-pleine-de-grâce dans ce rôle et j’avais hâte de la voir sur scène. A ses côtés, Josua Hoffalt, Muriel Zusperreguy et Alessio Carbone que je voyais également pour la première fois dans ces rôles.

Premier constat : des trois distributions de cette création (comptes rendus des deux autres ici et là), celle-ci est sans doute la plus équilibrée, tant du point de vue technique qu’artistique. Comme l’a si bien écrit Joël, Myriam Ould-Braham est Naïla ou plutôt Naïla est Myriam Ould-Braham, tout en délicatesse, aérienne, par moments presque immatérielle. Je jure que lorsqu’elle est entrée dans le deuxième acte lors des retrouvailles de Djémil et Nouredda, j’ai presque cru qu’elle flottait sur la scène. Myriam-Naïla joue avec la musique, suspend dans l’air certains de ses mouvements comme pour mieux s’affranchir du poids de la gravité. Techniquement, c’est fluide et je n’ai vu qu’un déséquilibre dans le premier acte lors d’une diagonale, ce qui a d’ailleurs semblé surprendre la danseuse elle-même.

Dans le rôle de Djémil, Josua Hoffalt semble très à l’aise, formant avec Myriam Ould-Braham un duo harmonieux et équilibré. J’avoue avoir été frustrée d’avoir un petit angle mort du haut de ma 3e loge de côté, ce qui m’a privé d’une partie de sa variation du premier acte. Toutefois, de ce que j’en ai vu, Josua Hoffalt semble s’en être mieux sorti que les autres Djémil de la série : Karl Paquette et Florian Magnenet.

La composition de Muriel Zusperreguy en Nourreda est très intéressante, différente de celle d’Isabelle Ciaravola et Laura Hecquet. Moins mélancolique qu’Isabelle Ciaravola, moins altière que Laura Hecquet, elle incarne une Nourreda plus juvénile et sympathique, plutôt passionnée, un brin rageuse, faisant montre dans le deuxième acte d’une jolie technique et d’un bel unisson avec Josua Hoffalt. Je me demande ce que Ludmila Pagliero aurait fait de Nourreda si elle avait été distribuée dans ce rôle.

Alessio Carbone

Alessio Carbone en Zaël

Mon petit coup de cœur de la soirée va à Alessio Carbone. Même si, et je le répète, Mathias Heymann me semble imbattable dans ce rôle, Alessio Carbone est pour moi l’incarnation même de l’Elfe, avec son air mutin et malicieux, son visage toujours très expressif et sa silhouette en perpétuel mouvement. Du vif-argent secondé par quatre acolytes en grande forme (Allister Madin, Fabien Révillion, Adrien Bodet et Hugo Vigliotti).

Un dernier mot sur le final du ballet. Même si, comme vous l’aurez sans doute compris en lisant ces lignes, j’ai beaucoup aimé cette distribution, ma préférence va tout de même au trio Charline Giezendanner/Florian Magnenet /Laura Hecquet pour les dernières minutes du ballet. Charline Giezendanner, notamment, était vraiment impériale dans la scène finale de renoncement et de sacrifice (et dans le rôle de Dadjé, qu’elle dansait hier soir – et pour boucler la boucle de cette série de distributions, je crois que j’ai définitivement préféré Nolwenn Daniel).

La Source est toujours à l’affiche au Palais Garnier jusqu’au 12 novembre. France 3 a, par ailleurs, diffusé la nuit dernière un documentaire sur la création de ce ballet, plutôt intéressant même si bien trop court, à mon goût. Je ne sais pas s’il est disponible en replay. Mais je rajoute le lien si je le trouve !

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