Représentation ce soir à Garnier de Parzival – Episodes et Echo de John Neumeier avec le Ballet de Hambourg, invité par l’Opéra de Paris.
Bon. Je m’étais préparée, j’avais révisé mes classiques, lu le programme, histoire de bien comprendre cette vision de la quête du chevalier Parsifal et de ne pas m’égarer. J’avais vu dans le programme une citation assez sibylline de John Neumeier sur ce ballet, suscitant dans mon esprit un peu d’inquiétude quant à l’accessibilité de l’œuvre que j’allais voir.

Parzival - Episodes et Echo de John Neumeier. Crédit photo : Holger Badekow
Episodes
Au tout début, le décor, les oiseaux (très jolies prestations des danseurs) me parlent, même si je ne suis pas conquise par l’idée de grimer Parzival en petite fille (pas futée du reste) pour symboliser l’innocence. Là-dessus, arrivent « des êtres merveilleux » qui donnent à Parzival (Alexandre Riabko) l’envie de quitter sa belle forêt. Les costumes futuro-kitsch me sortent de ma torpeur onirique. Commence alors une demi-heure, où dubitative, je ne parviens pas à rentrer dans l’histoire. Même la (très convaincante) prestation de la mère de Parzival n’arrive pas à m’émouvoir. C’est que je ne peux pas détacher mes yeux de son costume-voile, voile qui cache, qui protège, linceul de la dernière demeure mais aussi costume qui semble entraver les pas de la danseuse (à dessein ?) et qui manque, en tout cas, de faire trébucher un de ses partenaires (trop de symbolisme tue le symbolisme me dis-je…).
Puis, vient le premier combat avec le Chevalier Vermeil. Là, le costume me laisse pantoise. Mon voisin de droite, lui, entame sa nuit. Mon intérêt se ranime avec la cour du roi Arthur où se révèlent de belles personnalités du corps de ballet. Dommage, quelques petites désynchronisations par-ci par-là. Joli pas de deux entre Parzival et la jolie demoiselle triste. Mon voisin sombre mais je reste bien éveillée, plutôt enthousiasmée par la prestation du roi pêcheur (Otto Bubenicek) puis plus tard par le dernier tableau où Parzival découvre la passion avec Orgeluse (Carolina Agüero). La performance des danseurs, leur souplesse et leur force me laissent admirative. Le rideau tombe. La salle applaudit timidement. Je jette à nouveau un coup d’œil au programme pour ne pas me laisser distancer et me prépare pour le deuxième round.
Echo
Ah ! Les deux premiers tableaux m’interpellent. La mise en scène est épurée, le décor minimaliste et c’est tant mieux. Le premier tableau « A travers le monde, sans but et loin de Dieu » me séduit par son magnétisme répétitif, avec un beau travail du Ballet de Hambourg (je ne l’ai pas signalé mais dans Episodes et l’une des scènes de combats, j’ai vu de forts jolis tours en l’air). Retour à nos moutons : le deuxième tableau « trois gouttes de sang dans la neige » me berce par sa poésie (même mon voisin se redresse). Le regard éperdu de Parzival, cherchant désespérément un sens à sa quête, me happe. L’esthétisme de ce tableau est une vraie réussite et l’émotion palpable. Puis les oiseaux reviennent, Parzival rencontre l’Ermite et je m’englue un peu dans une sorte d’ennui douceâtre. Le charme est rompu et la fin du ballet s’étire en longueur. Le rideau tombe. Les applaudissements peu nourris se font plus chaleureux pour saluer une œuvre ambitieuse et radicale, à mon sens difficile d’accès.
Pas de photos cette fois-ci des saluts. La carte mémoire de mon appareil-photo était restée sur mon bureau. Un jour sans…