Archives du tag: Charlotte Ranson

Kaguyahime de Jirí Kylián

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Retour sur la Première de Kaguyahime de Jirí Kylián au Palais Garnier avec Alice Renavand dans le rôle-titre et Hervé Moreau dans le rôle du Mikado.

Alice Renavand et Hervé Moreau

Jirí Kylián s’est inspiré d’un des contes japonais les plus célèbres pour mettre en images et en mouvements l’histoire de cette Princesse. J’avais découvert ce ballet à Bastille avec ravissement en 2010 et j’étais impatiente de le redécouvrir dans l’enceinte de Garnier. Il faut dire que Kaguyahime est, ce qu’on pourrait appeler, une œuvre d’art totale, ce qui contribue amplement à sa réussite. La superbe musique de Maki Ishii déploie tour à tour de douces lignes mélodiques chantées par des instruments à vents et des déchaînements tonitruants, vibrants, scandés par les tambours japonais. La partition musicale épouse ainsi parfaitement le climat de douceur, de passion et de fureur chorégraphié par Jirí Kylián.

Pour incarner Kaguyahime, Princesse de la Lune, Alice Renavand. Tout au long du ballet, elle reste altière, lointaine, détachée des émotions humaines (notamment lorsqu’elle est malmenée par les hommes de main du Mikado), à la fois rayonnante et secrète, hors de portée. Bref, Alice Renavand incarne une très convaincante Princesse dont on comprend qu’elle puisse, à ce point, fasciner. Hervé Moreau est, pour sa part, sous-employé dans le rôle du Mikado, qui, en termes chorégraphiques, est disons-le… plutôt mince.

Le corps de ballet de l’Opéra de Paris est tout à son aise dans ce répertoire. Parmi les prétendants de la Princesse, Alessio Carbone, Adrien Couvez et Aurélien Houette ont particulièrement retenu mon attention, le premier pour sa sensualité, le deuxième pour sa force, le troisième pour…les deux à la fois. Toujours du côté des garçons, l’énergie d’Allister Madin est encore une fois communicative et les scènes de combat le mettent particulièrement en valeur. Chez les filles, j’ai retenu les présences lumineuses d’Amandine Albisson et de Charlotte Ranson, le mordant de Caroline Bance et l’élan de Laurène Levy (même si j’avoue avoir eu du mal à la reconnaître).

Kaguyahime est à l’affiche au Palais Garnier jusqu’au 17 février. Pour voir les dates et les distributions, c’est par ici.

La sélection vidéo du mois

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Ce mois-ci, point de « battle ». La sélection vidéo de ce mois de novembre est consacrée aux deux lauréats du prix « danse » de l’AROP (Association pour le rayonnement de l’Opéra de Paris) : Charlotte Ranson et François Alu.

Charlotte Ranson et François Alu ont reçu, vendredi dernier, sous les ors du grand foyer du Palais Garnier, le traditionnel prix AROP de la danse, décerné chaque année à de jeunes danseurs du Ballet de l’Opéra de Paris. Découvrez-les en images…

C’est par ici

Concours de promotion du corps de ballet de l’Opéra de Paris

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Retour sur le concours de promotion interne du Ballet de l’Opéra de Paris qui, comme chaque année, a amené son lot de surprises, de bonnes nouvelles et de déconvenues. Quelques impressions donc, éminemment subjectives, partiales et partielles.

Résultats_concours_promotion_filles

Chaque année, les regards des balletomanes se tournent vers le Palais Garnier et la grand-messe du concours de promotion, qui permet à quelques danseurs, selon le nombre de postes ouverts, de gravir un échelon de la hiérarchie du corps de ballet. Les quadrilles espèrent ainsi passer coryphées, les coryphées sujets et les sujets premiers danseurs (les danseuses et danseurs étoiles étant, pour leur part, nommés par le Directeur de l’Opéra de Paris, sur proposition de la Directrice de la danse).

Chez les dames

Je n’ai pu voir que la classe des sujets. Je ne commenterai donc pas les prestations des quadrilles et des coryphées. Ma seule réaction, à la vue des résultats de ces deux dernières classes, a été… de ne pas être surprise (cf. mes pronostics sur le blog d’Amélie). Chez les quadrilles, Sae Eun Park, Emilie Hasboun et Marion Barbeau sont promues. Chez les coryphées, Eléonore Guérineau accède (enfin !) au rang de sujet, de même que Marine Ganio que je trouve très talentueuse et Pauline Verdusen, danseuse solide qu’il sera intéressant de voir évoluer dans des rôles de demi-soliste. Petit pincement au cœur pour Charlotte Ranson, qui ne fait pas partie des élues mais je ne doute pas que son tour vienne un jour.

Venons-en à la classe des sujets. En jeu, cette fois-ci, un seul poste de Première danseuse. Premier passage avec la variation imposée extraite de l’acte II du Lac des Cygnes. Héloïse Bourdon a incarné pour moi la plus belle Odette. Beaucoup de fluidité tout au long de sa variation, de maîtrise technique avec, pour couronner le tout, un fort joli travail des bras. J’ai également apprécié les prestations de Sarah Kora Dayanova, Valentine Colasante et Mathilde Froustey (qui m’a semblé un peu fébrile).

Dans les variations libres, j’ai eu un coup de cœur pour la prestation d’Aurélia Bellet dans Bhakti III de Maurice Béjart. La danseuse a montré, avec cette variation, un tempérament que je ne lui soupçonnais pas. Sarah Kora Dayanova avait choisi la première variation d’Other Dances de Jerome Robbins qui lui allait à ravir tandis que Sabrina Mallem a dansé avec panache un extrait de Sylvia de George Balanchine. Joli concours également pour Caroline Robert, qui s’est révélée solide tant dans la variation libre que l’imposée. Au final, Valentine Colasante est promue Première danseuse, un peu à la surprise générale (non pas qu’elle ait démérité mais ce n’est pas forcément celle qu’on attendait), devant Amandine Albisson, Aurélia Bellet et Héloïse Bourdon. Mathilde Froustey, comme l’an dernier, n’est pas classée. Il y a tout de même des choses bien difficiles à comprendre…

Bourdon_Madin_Colasante_Ibot

Heloïse Bourdon à gauche et Valentine Colasante, à droite lors de la dernière reprise de La Bayadère. A leurs côtés, Allister Madin en Idole dorée et Axel Ibot en Fakir

Chez les messieurs

Et on commence avec la classe des quadrilles, où de bien jolies personnalités artistiques se détachent. Variation imposée extraite de la Sylphide, avec la première variation de James de l’acte II. J’ai beaucoup aimé la prestation d’Alexandre Labrot, que j’avais déjà remarqué l’an dernier, musical, solide techniquement, ainsi que celles d’Hugo Marchand qui capte l’attention dès son entrée sur scène et de Florent Mélac, malgré sa petite chute. Dans les variations libres, c’est encore une fois Hugo Marchand, sur la Mazurka de Suite en Blanc et Alexandre Labrot (Giselle, variation du Pas de deux des Paysans) qui ont retenu mon attention. Mathieu Contat a fait un choix courageux avec une variation du Prince Siegfried extraite de l’acte III du Lac des Cygnes dont il s’est bien tiré, tout comme Germain Louvet qui avait, quant à lui, choisi une variation de La Fille mal gardée.

Au final, ce sont Jérémy-Loup Quer (dont j’ai aimé l’imposée, moins la libre) et Mathieu Contat qui sont promus coryphées. Hugo Marchand et Alexandre Labrot sont respectivement 4e et 5e.

Résultats_Concours_promotion_hommes

Photo - Le petit Rat

On continue avec la classe des coryphées, toujours très intéressante. L’imposée était une difficile Mazurka tirée d’Etudes d’Harald Lander. François Alu y a été époustouflant, placement et tours parfaits. Rien à redire. J’ai beaucoup aimé le travail de Yann Chailloux, très musical, d’Axel Ibot, aux lignes superbes et de Sébastien Bertaud. Pour les variations libres, c’est un peu la même chose, François Alu a fait preuve d’un abattage incroyable dans La Bayadère, en donnant une telle impression de facilité, là où certains danseurs solistes peinent à surmonter les difficultés chorégraphiques. L’AREPO d’Axel Ibot n’a pas fait l’unanimité chez les balletomanes mais je dois dire que j’ai (silencieusement) applaudi des deux mains et des deux pieds. Grégory Dominiak a interprété avec beaucoup de présence scénique et de hiératisme les sept danses grecques de Maurice Béjart. Prestations intéressantes également de Sébastien Bertaud, fougueux Don José, d’Yvon Demol dans Sylvia de John Neumeier et de Maxime Thomas dans Nouvelle Lune d’Andy Degroat. Bref, vous l’aurez compris, de bien jolis moments passés en compagnie de ces messieurs.

Ce sont finalement François Alu (sans surprise) et Yann Chailloux qui sont promus sujets. Hugo Vigliotti, qui m’a moins séduite que d’habitude mais qui n’en reste pas moins un grand danseur, n’est pas classé, tout comme Sébastien Bertaud, toujours fin et pertinent. C’est fort dommage…

Enfin, la classe des sujets qui a eu fort à faire avec la troisième variation du Prince Désiré dans l’acte II de La Belle au Bois dormant. Voilà une variation qui en a éreinté plus d’un ! Audric Bezard, Allister Madin et Marc Moreau sont, pour moi, les danseurs qui s’en sont le mieux sortis, chacun dans leur style. Audric Bezard, tout en élégance, Allister Madin avec énergie et Marc Moreau, tout en musicalité.

Dans les variations libres, j’ai eu un petit coup de cœur pour Yannick Bittencourt avec Other Dances de Jerome Robbins, qui rendait justice à sa qualité de danse très fluide et très déliée. Audric Bezard a campé, pour sa part, un Don José très grand seigneur (j’ai toutefois préféré le mordant de Sébastien Bertaud) tandis qu’Allister Madin a interprété un AREPO tout à fait convaincant (même si ma prestation préférée reste celle d’Axel Ibot). J’ai retenu également l’assurance technique de Fabien Révillion en Prince Désiré de La Belle au bois dormant, version Rosella Hightower. Et puis, une petite pensée pour Florimond Lorieux en Rothbart, qui malgré ce qui a semblé être une chute, a fini sur un superbe manège.

C’est Audric Bezard qui remporte la mise et passe Premier danseur. J’ai hâte de le voir prendre ses marques de soliste. Voilà un artiste qui devrait faire preuve d’un beau tempérament.

Audric Bezard dans Appartement

Audric Bezard (au milieu) dans Appartement de Mats Ek - Photo (c) Syltren - blog Rêves impromptus

Et quels que soient les résultats, un grand bravo aux danseuses et aux danseurs qui ont passé le concours, qui a, au moins le mérite de permettre à chacun d’être dans la lumière et de pouvoir montrer une part de sa personnalité artistique.

Pour d’autres avis, d’autres comptes rendus, je vous invite à jeter un coup d’œil à ma blogroll dans la colonne de droite.

Orphée et Eurydice : Première !

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Première à l’Opéra Garnier de l’opéra dansé de Pina Bausch, Orphée et Eurydice. Dans les rôles-titres, Stéphane Bullion (Orphée), Marie-Agnès Gillot (Eurydice) et Muriel Zusperreguy (Amour).

Ce ballet a été créé en 1975 par la chorégraphe Pina Bausch au sein du Tanztheater Wuppertal. C’est un opéra dansé qui présente donc la particularité de réunir des danseurs et des chœurs avec, pour chaque rôle-titre, deux artistes sur scène, chanteur et danseur, versants d’une même émotion. Stéphane Bullion, Marie-Agnès Gillot et Muriel Zusperreguy étaient ainsi accompagnés de Maria Riccarda Wesseling, Yun Jung Choi et Zoé Nicolaidou.

J’ai beaucoup aimé ce parti-pris d’associer ainsi un chœur chantant et un chœur dansant faisant écho l’un à l’autre tout au long de l’œuvre, sur la magnifique partition de Gluck. Dans le dernier tableau, ce corps-à-corps porte à son apogée l’onde de choc provoquée par la mort d’Eurydice. J’y reviendrai. Autre réussite : la mise en scène, portant avec intelligence et esthétisme ce célèbre mythe.

Premier tableau : deuil

Eurydice est décédée, Orphée est désespéré. Stéphane Bullion, qui m’avait semblé un peu absent lors de la répétition générale, m’a ici bien plus convaincue, restituant bien l’état d’esprit du personnage, sa tristesse et son abattement mêlés de défi. Après, – mais c’est un peu une constante chez ce danseur terrien et athlétique, le haut du corps ne m’a pas semblé suffisamment libéré et délié. Pas facile de « laisser vivre le mouvement », comme l’expliquait Dominique Mercy, lors de la répétition publique.

Face au corps de ballet impeccable,  Muriel Zusperreguy, toute de  blanc vêtue, incarne avec douceur et gaieté Amour, celle qui trace la voie de l’espoir et des retrouvailles avec Eurydice. Fin du premier tableau : Orphée s’apprête à entamer un long voyage, décidé et grave…

Deuxième tableau : violence

Avec le monde des Enfers mené par un trio efficace, Cerbère à trois têtes composé d’Aurélien Houette, Vincent Cordier (charismatique) et Vincent Chaillet. Orphée vient plaider sa cause dans ce chaos d’où l’on ne semble pourvoir s’échapper, cerné par des Furies et des personnages aveugles, avançant à tâtons dans ce monde d’obscurité. Le corps de ballet est, une nouvelle fois, très investi, en place, en un mot enthousiasmant.

Troisième tableau : paix

Quel beau tableau. Le chœur dansant des femmes est une réussite et dégage une impression de vraie sérénité, après le monde de chaos du deuxième tableau. J’y ai beaucoup apprécié la présence lumineuse de Charlotte Ranson et d’Alice Renavand, qui endosseront respectivement, dans la deuxième distribution, les rôles d’Amour et d’Eurydice. L’on voit également dans ce tableau Eurydice, interprétée avec sensibilité et passion par Marie-Agnès Gillot (j’ai regardé à plusieurs reprises son visage avec mes jumelles… elle semblait habitée par le rôle). Fin du troisième tableau : Orphée et Eurydice, main dans la main s’en vont. A voir la tête d’Orphée, on se dit que c’est quand même pas gagné.

Marie-Agnès Gillot et Yun Jung Choi

Quatrième tableau : mort

Qu’il est long ce chemin pendant lequel Orphée ne doit jamais regarder en arrière, vers sa douce compagne. Eurydice s’interroge, désespère, Orphée essaie de tenir bon, résiste et puis cède. Mais regarder Eurydice, c’est la condamner. Une deuxième mort, insupportable. Stéphane Bullion a su trouver une façon très crédible de donner à voir le désespoir insurmontable qui l’étreint au moment où il comprend qu’il a, à jamais perdu son Eurydice. Mais dans ce tableau, c’est bien davantage le jeu des chanteuses que celui des danseurs qui m’a ému. Le « Ach, ich habe sie verloren » chanté comme une litanie par Maria Riccarda Wesseling, au-dessus du corps d’Eurydice, était bouleversant, vibrant de tristesse. Le ballet se finit comme il a commencé, dans le deuil et l’affliction, les corps d’Orphée et d’Eurydice étendus par terre.

Orphée et Eurydice est à l’affiche au Palais Garnier jusqu’au 16 février.

Soirée Mats Ek à Garnier : la Maison de Bernarda et Une sorte de…

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Première représentation Mats Ek à l’Opéra Garnier avec deux œuvres du chorégraphe suédois, « la Maison de Bernarda » et « Une sorte de… » créées respectivement en 1978 et 1997.

La Maison de Bernarda

Inspiré par la Maison de Bernarda Alba de l’écrivain Federico Garcia Lorca, ce ballet met en scène cinq sœurs, vivant sous le joug de leur mère et condamnées à vivre recluses après la mort de leur père. Une servante, tour à tour craintive, initiatrice et protectrice, complète le tableau. Deux hommes dans ce gynécée : un technicien et un homme ou plutôt l’Homme. Celui auquel l’aînée des sœurs est destinée. Lui est surtout intéressé par sa dot et émoustillé par la plus jeune des sœurs. Voilà pour le décor.

Jose_Martinez

José Martinez

José Martinez qui incarne la veuve Bernarda est hiératique, autoritaire, un peu effrayant tout en gardant une part de réserve et de sensibilité, qui rend sans doute son interprétation d’autant plus crédible. On pouvait sentir lors de la scène avec la figure religieuse une vraie solitude chez ce personnage. Tout d’un coup, la veuve Bernarda tombe le masque, avant d’endosser à nouveau ses habits de veuve inoxydable. A une interprétation maîtrisée et tout en subtilité, José Martinez allie des développés fluides, une danse précise, soignée. J’ai hâte maintenant de voir la proposition de Kader Belarbi dans ce rôle.

Marie-Agnès Gillot est la servante. Sa première scène avec le technicien (Andrey Klemm) m’a laissée sur ma faim. J’aurais aimé la voir plus explosive (pas dans le cri, mais dans la danse). Sa prestation a été, par la suite, convaincante. La scène autour de la chaise avec les sœurs, juste après le départ de l’homme (Stéphane Bullion), était emmenée de main de maître. Marie-Agnès Gillot donne du corps à ce personnage et met en lumière la complexité des liens l’unissant à sa maîtresse et aux filles de cette dernière.

Les sœurs, justement. Elles sont donc cinq : les jumelles (Aurélia Bellet, Amélie Lamoureux), la sœur bossue (Clairemarie Osta), la sœur aînée (Ludmila Pagliero) et la sœur cadette (Charlotte Ranson). Cette fratrie fonctionne vraiment bien avec de très bonnes interprètes, faisant osciller leurs personnages entre soumission, jalousie, rébellion, désir et espoir. Clairemarie Osta est convaincante en sœur un peu frappadingue. Ludmila Pagliero est une sœur aînée plutôt émouvante, incarnant une femme qui a renoncé mais pas tout à fait, qui voudrait tant mais qui ne sait pas vraiment comment faire. Charlotte Ranson est la plus jeune des sœurs, celle qui a fait son choix (funeste) : celui de ne pas se résigner. Ce personnage de jeune fille rebelle, pleine de joie et d’espoir lui va à merveille. Le pas de deux, avec Stéphane Bullion, dans un silence quasi-religieux, était très réussi et permettait à Charlotte Ranson d’y montrer une autre facette de son personnage.

Inutile de vous dire que la mise en scène et la musique sont à l’unisson de cette œuvre (chef-d’œuvre ?) qui se vit plus qu’elle ne se raconte. Bref, un ballet qu’il serait vraiment dommage de ne pas aller voir. Et la confirmation pour ma part, de tout le bien que je pensais déjà de Mats Ek.

Saluts - Maison de Bernarda

Une sorte de…

Une œuvre entre rêve et réalité, un peu surréaliste (dans tous les sens du terme…). Première image et gros plan sur Nicolas Le Riche, assis sur le devant de la scène, affublé d’une sorte de manteau-redingote rose. Il regarde avec intensité une femme assise au premier rang justement : Nolwenn Daniel en costume d’homme. Le couple monte sur scène. Il lui enlève sa chaussure, qui devient chapeau puis brosse à reluire. Ça se parle, ça se cherche, ça se protège. Nolwenn Daniel finit dans une valise emmenée par Nicolas le Riche, qui ouvre ainsi une autre profondeur de champ sur la scène.

Des personnages surgissent ensuite derrière un mur, crevant des ballons (on peut y voir tous les symboles qu’on veut). Ils crient, courent, s’agitent en tous sens. Le deuxième tiers du ballet, plus calme, m’a un peu perdue en route, malgré la présence rayonnante de Miteki Kudo. Mon intérêt s’est ranimé avec le Pas des garçons, rondement et énergiquement mené, puis avec cette course effrénée des personnages, semblant hésiter entre burlesque et sinistre. Le premier couple revient. L’ambiance n’a pas l’air d’être à la fête, même s’ils ont retrouvé, elle son manteau, lui son costume. Nicolas Le Riche s’endort tout seul en ronflant.

Nolwenn_Daniel_N_Le_Riche

Nolwenn Daniel et Nicolas Le Riche

C’est un ballet très différent de la Maison de Bernarda mais qui donne à voir une autre facette du chorégraphe. Pour résumer, c’est assez barré, un poil inégal dans l’intensité mais somme toute, plutôt réjouissant à regarder avec une scénographie vraiment intéressante (et les danseurs ont l’air de s’éclater).

Cette soirée Mats Ek est à l’affiche à Garnier jusqu’au 29 avril. Et pour vous donner un bel aperçu en images de ces deux oeuvres, voici l’adresse d’un blog : celui d’Anne Deniau, qui vient de publier de superbes photos de cette soirée. Cliquer ici et .  

Mats Ek

Le chorégraphe Mats Ek, très applaudi