Archives du tag: Dorothée Gilbert

Gala Noureev au Palais Garnier

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6 mars… Hommage de l’Opéra de Paris à Rudolf Noureev, vingt ans après sa disparition.

Une soirée composée d’extraits de ballets chorégraphiés par Noureev pour célébrer sa vie de danseur, de chorégraphe et surtout son passage à la Direction de la danse de l’Opéra de Paris. Casse-noisette, La Belle au bois dormant, Cendrillon, Don Quichotte, Raymonda, Le Lac des Cygnes, Roméo et Juliette, Manfred, La Bayadère… Autant d’extraits dansés par les Etoiles et les Premiers danseurs de l’Opéra de Paris (et le Corps de ballet sur La Bayadère).

Une soirée en demi-teinte avec des prestations dont on pouvait attendre parfois plus. Moment culminant, à mon sens, avec la superbe interprétation de Roméo et Juliette par un couple dont la technique et l’engagement ne semblaient, ce soir, en rien céder aux années qui passent : Nicolas Le Riche et Laëtitia Pujol.

Nicolas Le Riche et Laetitia Pujol

Nicolas Le Riche et Laëtitia Pujol pour un Roméo et Juliette émouvant

Agnès Letestu et Stéphane Bullion

Extrait de La Bayadère avec Stéphane Bullion et Agnès Letestu qui mérite toujours son surnom de Reine Agnès

Aurélie Dupont

Aurélie Dupont en Belle au bois dormant (Jolis équilibres même si les arabesques manquaient parfois d'amplitude)

Dorothée Gilbert, cygne noir, a dansé avec Benjamin Pech (au centre) et Mathieu Ganio. Une prestation convaincante. Emilie Cozette incarnait, pour sa part, le cygne blanc, aux côtés de l'élégantissime Hervé Moreau

Vincent Chaillet et Eve Grinsztajn (à gauche), ont dansé un fandango plein de charme et d'énergie dans Don Quichotte suivis par Karl Paquette et Ludmila Pagliero, qui a décidément trouvé en Kitri un rôle qui lui va bien. Au centre, Mathias Heymann pour un retour à la scène aussi attendu qu'émouvant dans un extrait de Manfred

Marie-Agnès Gillot et Florian Magnenet ont interprété le délicat Pas de deux du tabouret dans Cendrillon tandis qu'Isabelle Ciaravola s'est illustrée dans La Claque de Raymonda

Sans oublier la délicate Myriam Ould-Braham, accompagnée de Christophe Duquenne (très en forme ce soir), qui ont ouvert le bal en dansant un extrait de Casse-Noisette.

Don Quichotte : Dorothée Gilbert et Karl Paquette

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Représentation du 8 décembre en matinée avec Dorothée Gilbert (Kitri/Dulcinée), Karl Paquette (Basilio)…

D.Gilbert_K.Paquette_Don-Quichotte

Sarah Kora Dayanova (la Reine des Dryades), Marine Ganio (Cupidon), Alexis Renaud (Espada), Héloïse Bourdon (la danseuse de rue), Allister Madin ( le chef des gitans), Yann Chailloux (Don Quichotte), Takeru Coste (Sancho Pança), Marion Barbeau (la première demoiselle d’honneur).

Avant d’arriver à Bastille, on ne sait jamais trop sur quelle distribution on va tomber, hasard malheureux des blessures et des ajustements de plannings. En lieu et place de Mathilde Froustey et de Pierre-Arthur Raveau initialement prévus, c’est finalement Dorothée Gilbert et Karl Paquette qui ont interprété les rôles-titres.

D’emblée, les deux danseurs affichent une belle complicité. Au premier acte, ça joue à « Je t’aime, moi non plus », à grands renforts de coups d’éventail sur l’épaule, d’œillades énamourées ou agacées. Dorothée Gilbert est très à l’aise en Kitri, presque trop sage techniquement (il faut dire qu’à force d’avoir vu ses pirouettes pyrotechniques et ses arabesques interminables, je suis devenue un peu enfant gâtée). Karl Paquette est un partenaire solide et attentionné, convaincant dans les pas de deux, moins dans les solos.

Mention spéciale à Takeru Coste, désopilant en Sancho Pança et aux demoiselles d’honneur, Lucie Clément et Séverine Westermann, complices et énergiques.

Au début du deuxième acte, Dorothée Gilbert et Karl Paquette nous offrent un pas de deux à la fois doux et sensuel, avant la flamboyance du campement des gitans emmené par le fringuant et solaire Allister Madin. Place ensuite aux Dryades. Dorothée Gilbert passe avec brio de l’espièglerie d’une Kitri à l’évanescence d’une Dulcinée, avec un joli travail tout en délicatesse. Un petit mot de Marine Ganio, charmante Cupidon que j’ai hâte de découvrir dans d’autres rôles de soliste.

Au troisième acte, c’est un festival : de la joie, de l’entrain, de la brillance. Les arabesques  en apesanteur de Dorothée Gilbert, l’énergie de Karl Paquette à son meilleur… et mon souffle suspendu pendant le premier pas de deux. Marion Barbeau incroyable en demoiselle d’honneur, avec des pirouettes proches de la perfection… Un corps de ballet énergique. Bref, du vrai, du beau, du bon spectacle.

La journée suivante, en matinée, Mathilde Froustey et François Alu remplaçaient Dorothée Gilbert et Karl Paquette pour une représentation qui devrait rester dans les annales…

Première de La Bayadère : Josua Hoffalt / Aurélie Dupont / Dorothée Gilbert

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Retour sur la Première du ballet La Bayadère, version Rudolf Noureev. Dans les rôles-titres, Aurélie Dupont (Nikiya), Dorothée Gilbert (Gamzatti) et… Josua Hoffalt (Solor) nommé danseur étoile à l’issue de cette représentation.

Josua_Hoffalt_Aurelie_Dupont

Aurélie Dupont et Josua Hoffalt

Mercredi 7 mars. Effervescence habituelle des soirées de Première, avec ce soir-là une interrogation, une rumeur : Josua Hoffalt allait-il être nommé danseur étoile ? On en parlait depuis Cendrillon en décembre dernier … La configuration de cette soirée semblait idéale : une Première, deux danseuses étoiles à ses côtés et Brigitte Lefèvre, directrice de la danse à l’Opéra de Paris, sur des talons aiguilles. Tout laissait croire que nous allions avoir droit à un beau final.

Avant de rentrer dans les détails de cette soiréee, revenons brièvement sur cette Bayadère. Ce ballet narre les amours impossibles de la danseuse sacrée, Nikiya (La Bayadère) et du noble guerrier Solor, tenu d’épouser Gamzatti, la fille du Rajah. Nikiya, perçue comme un trop grand danger, meurt, « piquée » par un serpent placé à dessein dans une corbeille de fleurs remise par la servante de Gamzatti. Solor est éploré. Rongé par le chagrin, il la rejoint en rêve (acte blanc). Les deux amants se retrouvent.

Dorothée_gilbert_Josua_Hoffalt

Au premier plan, Dorothée Gilbert et Josua Hoffalt. Second rang : Emmanuel Thibault, Charline Giezendanner et Allister Madin

Acte I. L’acte des amours de Solor et de Nikiya, mais aussi de l’entrée en scène de Gamzatti. Plusieurs temps forts : bien sûr, le premier pas de deux de Solor et de la danseuse sacrée, croyant encore à leur bonheur. J’ai trouvé Josua Hoffalt tout à fait crédible en jeune amoureux, Aurélie Dupont tendre et musicale à souhait bien qu’un peu raide au niveau du dos – impression qui allait se confirmer au deuxième acte.

La confrontation finale entre Gamzatti et Nikiya était un régal. Du haut de mon deuxième balcon, je percevais avec beaucoup de clarté le désespoir et la colère de ces deux jeunes femmes. Dorothée Gilbert, regard noir et troublé, à la fois décidée, dure et désemparée. Aurélie Dupont, digne et désespérée, prête à aller jusqu’au bout pour sauver son amour avec Solor.

Yann Saïz (le Grand Brahmane amoureux -lui aussi- de Nikiya) et Stéphane Phavorin (Le Rajah, père de Gamzatti), ont su trouver une interprétation très juste de leurs personnages. Très souvent, la pantomime m’ennuie, mais ici, l’action, les sentiments étaient interprétés de manière ample, précise, reflétant parfaitement la détermination du Rajah sans scrupules et les états d’âme du Grand Brahmane.

Enfin, le corps de ballet masculin m’a paru très en place, tant les Hindous menés par Allister Madin que les kshatriyas, amis de Solor.

Acte II. Les fiancailles de Gamzatti et de Solor, l’acte du Drame (oui, avec un grand D).

Quelques impressions avant d’en venir aux interprètes principaux : des petits ajustements encore pour le corps de ballet féminin, qui n’était pas toujours bien aligné (et oui, du haut du deuxième balcon à Bastille, tout se voit…) ; le retour d’Emmanuel Thibault en idole dorée, pas forcément spectaculaire – même si son costume l’était – mais précis, avec un beau travail des bras et des mains. Egalement, Mathilde Froustey dans la danse Manou, attachante, même si je la trouve bien à l’étroit dans un tel registre (vivement sa prise de rôle en Gamzatti !). Enfin, la danse indienne, qui se taille toujours un beau succès très mérité.

Dorothée Gilbert a, pour sa part, campé une Gamzatti techniquement sûre, très concentrée pendant sa première variation, relevant ensuite sans difficultés le challenge des fouettés et formant avec Josua Hoffalt un couple solide. Josua Hoffalt a réalisé, de son côté, une fort jolie variation, très applaudie et qu’il pourra sans doute danser de manière plus libérée, une fois le stress de la nomination passé.

La prestation d’Aurélie Dupont en Nikiya est, pour moi, plus contrastée. Si je ne suis pas fan des contorsions de gymnaste, le manque d’abandon au niveau du buste pendant la variation de Nikiya m’a gênée. Au travers de ce buste qui se ploie, c’est pour moi le désespoir de La Bayadère qui s’exprime. Je ne sais pas s’il s’agit d’un parti pris ou d’un problème de dos qui a empêché Aurélie Dupont d’aller plus loin. La variation de la corbeille était, en revanche, très en place et la scène de la mort de Nikiya toujours émouvante.

Acte III. L’acte blanc, avec un corps de ballet féminin superbe. Certes, les longs équilibres de Noureev sont parfois difficiles à tenir mais quel ensemble ! L’expression « corps de ballet » me semble ici prendre tout son sens. Très beau travail de Charline Giezendanner qui dansait la deuxième ombre et semblait très affûtée.

Quant au couple principal, il fonctionnait très bien. Aurélie Dupont danse toujours de manière aussi musicale et réussit, au son des violons, à mettre de l’émotion dans ses développés (si, si, le concept des « développés émouvants » existe). Pour Josua Hoffalt, le troisième acte s’est déroulé sans encombres (j’avoue en avoir été tendue pour lui), même si le manège des tours doubles-assemblés est passé tout juste…

Mais pour moi, qu’importe, la magie cet acte blanc a fonctionné. Et débarrassés de la tension de cette Première et de cette nomination qui n’était plus vraiment un secret pour personne, les danseurs, notamment les solistes, pourront sans doute davantage se libérer lors des représentations ultérieures.

les fantômes des Bayadères

Vous connaissez la suite ! – voir post juste en-dessous. Et pour en savoir plus sur les impressions de Josua Hoffalt, voici un lien vers une interview du danseur, réalisée juste après sa nomination. Par ailleurs, du côté de Youtube, vous trouverez beaucoup de vidéos de la nomination mais aussi du ballet.

nomination_josua_hoffalt

Merci à Elendae pour cette photo!

D’autres avis : le blog du Petit rat, Danse Opéra et Danses avec la plume

Cendrillon : Dorothée Gilbert et Florian Magnenet

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Représentation de Cendrillon, le 1er décembre à l’Opéra Bastille avec dans les rôles titres : Dorothée Gilbert, Florian Magnenet qui a remplacé Nicolas Le Riche au début du IIe acte dans le rôle de l’acteur-vedette, Alice Renavand et Nolwenn Daniel (les deux sœurs), Simon Valastro (la Marâtre), Karl Paquette (le Producteur) et Alessio Carbone (le Professeur de danse).

Cette représentation aura été marquée par l’apparition éclair de Nicolas Le Riche, qui une fois sa première variation de l’acteur-vedette terminée a dû quitter la scène sur blessure et a été remplacé au pied levé par Florian Magnenet. J’espère pour lui qu’il ne s’agit de rien de trop grave. Il est également distribué sur Onéguine, dont il doit assurer la Première aux côtés d’Aurélie Dupont vendredi prochain. J’ai peur qu’il ne puisse pas en être…

Revenons à cette soirée. Cendrillon est un ballet qui m’avait enchantée quand je l’avais vu, il y a quatre ans, sur la scène de Garnier. Quand je l’ai revu, il y a quelques jours, lors de la répétition générale, je me suis demandée ce que j’avais bien pu lui trouver. Certes, déplacer Cendrillon dans un cadre hollywoodien avec King-Kong, producteur et acteur-vedette est une idée plutôt sympa. Mais pour le reste…j’ai connu Noureev plus inspiré sur le plan de la chorégraphie. Et puis, sur la scène de Bastille, avec ces lumières un peu froides, on a parfois du mal à se sentir porté par l’œuvre.

Acte 1. Ce premier acte s’ouvre sur la maison de Cendrillon, ses deux sœurs pestes, sa marâtre et son père qui s’oublie dans boisson, incarné ici par Pierre Rétif. Dorothée Gilbert est une Cendrillon douce, rêveuse, forcément un peu triste, en définitive, convaincante et que l’on se réjouit de voir évoluer dans des soli pourtant pas toujours très transcendants, au niveau chorégraphique. Elle s’est, en tout cas, taillé un franc succès après le passage de claquettes, toujours aussi agréable à regarder.

Alice Renavand (la sœur en bleu), Nolwenn Daniel (la sœur en rose) et la mère (Simon Valastro) forment un trio assez déséquilibré. Alice Renavand adopte ici le parti pris d’une sœur très nunuche qui joue plus sur la bêtise que sur la méchanceté alors que Simon Valastro n’a pas trop donné dans le registre comique. Et Nolwenn Daniel, du coup, face à une Alice Renavand déchaînée, a eu un peu de difficultés à exister. Alessio Carbone était parfait en professeur de danse et la leçon donnée aux deux sœurs à la barre m’a fait franchement sourire, avec une Alice Renavand assez hilarante.

Alice Renavand et Nolwenn Daniel

Alice Renavand et Nolwenn Daniel

Heureusement pour Cendrillon, le producteur Karl Paquette l’arrache à cette existence pas franchement rigolote. Un détour par le défilé de mode des saisons dans lequel j’ai particulièrement aimé Eve Grinsztajn en Eté, avant d’arriver aux studios d’Hollywood, un dernier tableau plutôt réussi. Je le dis haut et fort, j’aime le concept des danseurs incarnant les douze heures de l’Horloge et donc, un peu plus tard, les douze coups de minuit, mais les costumes, c’est pas possible, vraiment, même au deuxième degré…  Un premier acte, en tout cas, très applaudi. J’avoue que pour ma part j’attendais surtout de voir enfin Nicolas le Riche en acteur-vedette dans le deuxième acte.

A l’entracte, je retrouve Cams qui, à cause de problèmes de transport, a raté le premier acte de peu. J’essaie de lui remonter le moral en lui disant qu’elle n’a pas manqué Nicolas Le Riche et qu’il lui reste tout de même deux actes.

Acte 2. Nicolas arrive donc. Il joue l’acteur-vedette. Il descend le grand escalier du plateau de tournage, fait sa variation et quitte la scène assez précipitamment. Je me dis que c’est étrange qu’il reparte dans les coulisses aussi vite. Mais les danseurs de l’Opéra sont de tels professionnels que je n’ai senti à aucun moment un quelconque moment de flottement sur scène. Je ne connais pas assez bien le ballet mais à priori, Yann Saïz (débonnaire metteur en scène) et Karl Paquette ont pris le relais de façon très naturelle et cinq minutes plus tard, l’acteur-vedette reparaissait nettement plus grand, en la personne de Florian Magnenet.

Passées la première surprise et la déception de ne pas voir danser Nicolas Le Riche, je dois dire que j’ai été impressionnée par la façon dont Florian Magnenet a repris le rôle au pied levé et surtout la manière dont il a trouvé instantanément avec Dorothée Gilbert une complicité et une entente. Le Pas de deux du tabouret, qui demande une véritable connexion entre les deux danseurs, a été très bien mené. Face à une Dorothée Gilbert, toujours dotée d’une grande aisance technique, Florian Magnenet a su trouver sa place et exister.

Un deuxième acte d’ailleurs très distrayant. Si le tournage des trois films du début m’a paru un peu long, j’ai en revanche bien apprécié les essais de Cendrillon, avec la verve d’Alice Renavand, de Yann Saïz, l’élégance d’Alessio Carbone, et le partenariat convaincant de Dorothée Gilbert et Florian Magnenet.

Dorothée Gilbert et Florian Magnenet

Dorothée Gilbert et Florian Magnenet

Acte 3 ou l’acte de la recherche du pied qui irait bien dans le soulier. Après la quête de l’acteur-vedette dans la taverne espagnole, le bouge chinois et le cabaret russe, retour dans la maison de Cendrillon. Du côté des sœurs, ça s’amuse toujours avec un parti pris définitivement plus du côté de la bêtise que celui de la méchanceté. Alice Renavand nous offre une prestation assez déjantée, bien secondée par Nolwenn Daniel, qui reste toutefois plus dans la réserve. Même Simon Valastro force un peu plus le trait…

Vous connaissez la fin. L’acteur-vedette retrouve sa star de cinéma en la personne de Cendrillon, qui aux douze coups de minuit avait dû abandonner ses stilettos argentés pour revêtir sa triste robe grise et son fichu. Elle signe un beau contrat et avec l’acteur-vedette, ils s’apprêtent à toucher plein de gros cachets.

Le pas de deux final, sous les yeux du producteur, fonctionne très bien. Dorothée Gilbert et Florian Magnenet ont su trouver une véritable harmonie et ont livré une dernière prestation à la fois élégante et touchante. J’ai, au final et malgré mes réserves sur ce ballet, passé une très bonne soirée.

Cendrillon est à l’affiche à l’Opéra Bastille jusqu’au 31 décembre.

Phèdre et Psyché à l’Opéra Garnier, deuxième !

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Compte rendu de la représentation du 28 septembre avec, dans Phèdre de Serge Lifar : Agnès Letestu, Josua Hoffalt (Hippolyte), Sabrina Mallem (Oenone), Stéphane Bullion (Thésée) et Mathilde Froustey (Aricie). Et dans Psyché d’Alexeï Ratmansky : Dorothée Gilbert, Mathieu Ganio (Eros) et Alice Renavand (Vénus).

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Phèdre avec Agnès Letestu, Stéphane Bullion, Josua Hoffalt, Sabrina Mallem et Mathilde Froustey

Après la Première, retour donc à Garnier pour découvrir deux autres distributions. Le rideau s’ouvre sur les décors de Phèdre. Cette fois-ci, c’est Agnès Letestu qui endosse les habits de l’épouse de Thésée. Elle incarne une Phèdre moins tragédienne que celle de Marie-Agnès Gillot, au point que sa prestation m’a paru au départ presque trop monochrome. J’ai vraiment commencé à y croire lors de son duo avec Josua Hoffalt. Leur interprétation était très lisible et leur relation intéressante. Le rôle d’Hippolyte sied d’ailleurs plutôt bien à Josua Hoffalt qui l’incarne avec beaucoup de vitalité et de jeunesse, rendant ainsi la passion de Phèdre à son égard très crédible.

Mais mon véritable coup de cœur de la soirée est allé à Stéphane Bullion, qui trouve avec Thésée le genre de rôle qui lui va comme un gant et dans lequel il montre toujours un charisme certain (parvenant même à donner un peu de crédibilité au costume de Thésée, c’est dire…). Et là encore, un jeu très lisible où l’on voit les interrogations, le désespoir et la colère, des postures très marquées, très visuelles et un partenariat avec Agnès Letestu qui fonctionne définitivement très bien. Avec ces deux-là sur scène, il se passe toujours quelque chose. Sabrina Mallem se coule avec aisance dans le personnage d’Oenone et met bien en valeur la gestuelle symétrique de ce ballet, tout en lignes brisées et en esthétique « bas-reliefs ». Mathilde Froustey a, pour sa part, dansé le rôle d’Aricie avec une jolie technique même si j’ai une certaine préférence pour la prestation de Myriam Ould-Braham dans ce même rôle.

Deuxième ballet avec la création de Psyché. Cette fois-ci, c’était au tour de Dorothée Gilbert et de Mathieu Ganio de se glisser dans le rôle des amants.

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Dorothée Gilbert et Mathieu Ganio

Je suis, au final, assez partagée sur cette distribution : Mathieu Ganio est un Eros tout à fait convaincant et j’ai nettement préféré sa prestation à celle de Stéphane Bullion, la semaine dernière, tout du moins au plan technique. Ce type de chorégraphie et même de personnage lui permet de mettre en valeur sa danse aérienne et la pureté de ses lignes. Son partenariat avec Dorothée Gilbert est fluide, leur couple est très équilibré, harmonieux.

Dorothée Gilbert, par ailleurs, est très à l’aise techniquement, se déjouant de tout avec facilité. Son interprétation, en revanche, m’a semblé un peu forcée, à la fois trop mutine par moments et trop désespérée à d’autres sans que l’on voie de véritables nuances ou de progression entre les deux. Sans doute suis-je encore sous le charme d’Aurélie Dupont, que j’ai trouvée parfaite dans ce rôle. Il est vrai que je n’avais vu qu’elle la semaine dernière.

Alice Renavand, pour sa part, est autoritaire et charismatique à souhait dans le rôle de la Vénus jalouse. Une belle distribution au bout du compte même si je n’ai guère ressenti d’émotion hier soir (si ce n’est par moments, un certain ennui…). Enfin, un petit mot sur les deux sœurs de Psyché, interprétées par Géraldine Wiart et Mélanie Hurel avec drôlerie et conviction.

Les ballets Phèdre et Psyché sont à l’affiche au Palais Garnier jusqu’au 6 octobre. A voir également sur le site de l’Opéra de Paris, une interview vidéo d’Aurélie Dupont sur le rôle de Psyché, que je vous invite à découvrir.

D’autres avis à venir : Amélie et Joël

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Roméo et Juliette : D. Gilbert/J. Hoffalt/S. Phavorin/M. Heymann

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Distribution du 26 avril avec Dorothée Gilbert (Juliette), Josua Hoffalt (Roméo), Stéphane Phavorin (Tybalt), Mathias Heymann (qui remplaçait Emmanuel Thibault, souffrant, en Mercutio) et Yann Saïz (Benvolio).

Dorothée Gilbert et Josua Hoffalt

Dorothée Gilbert et Josua Hoffalt

Acte 1 : belle entrée de Hoffalt/Roméo que je découvrais pour la première fois dans un grand rôle. Il apporte d’emblée beaucoup de jeunesse et d’allant à son personnage, dans ses tentatives vaines de séduction de la belle Rosaline (Laura Hecquet). La variation du début, bien exécutée, était très agréable à regarder.

Scène du marché : le corps de ballet se plaît toujours autant à se narguer et à s’affronter dans les costumes des Capulet et des Montaigu. J’ai bien aimé la proposition de Stéphane Phavorin en Tybalt, avec ce côté chef de bande hargneux. Il menait son monde avec un certain charisme et occupait bien la scène (mais ma préférence va toujours à Stéphane Bullion). Mathias Heymann m’a un peu déçue en Mercutio, que je m’attendais à voir plus drôle, plus truculent. Quant à Yann Saïz, il donne de l’épaisseur à son personnage (Benvolio) et c’est déjà un exploit en soi.

On retrouve Juliette un peu plus tard. Dorothée Gilbert est très à l’aise dans ce rôle de Juliette juvénile, qui pense surtout à s’amuser. J’ai beaucoup aimé son interprétation lors de la scène du bal, lorsque Pâris (Bruno Bouché) lui prend la main et qu’elle pouffe en regardant ses amies avec un air de dire « mais qu’est-ce qu’il est en train de faire ? ». C’était bien vu. La rencontre Hoffalt/Roméo et Gilbert/Juliette était plutôt émouvante et crédible. J’ai été un peu plus réservée sur le dernier pas de deux dans le jardin, qui manquait par moments de fluidité.

Acte 2 : Roméo, Mercutio et Benvolio mènent la danse. Le trio Hoffalt/Heymann/Saïz fonctionne très bien. Leur pas de trois était très équilibré et très en place. Mathias Heymann semble plus à l’aise dans sa pantomime et Yann Saïz, toujours convaincant, me fait sourire (il aurait été très drôle en Mercutio). Le corps de ballet est toujours à son affaire, même si les acrobates m’ont semblé un peu fatigués. Enfin, arrivent les funestes scènes de duel toujours réjouissantes à voir (et l’on sent que les danseurs prennent un certain plaisir à manier l’épée). Mathias Heymann fait une proposition intéressante lors de la mort de Mercutio. Il ne cherche pas à donner le change à ses amis mais semble plutôt souffrir de leur incompréhension (et souffrir tout court d’ailleurs). Stéphane Phavorin en Tybalt nous offre une fin assez spectaculaire. Il joue jusqu’au bout et je n’ai jamais vu quelqu’un mourir aussi bien sur scène. Dorothée Gilbert arrive après la scène du duel, comme incrédule devant un Josua Hoffalt désemparé.

Acte 3. Ah, ce premier pas de deux dans la chambre de Juliette… Un de mes moments préférés du ballet. Dorothée Gilbert et Josua Hoffalt incarnent, avec beaucoup de fraîcheur ou disons de spontanéité, ces deux adolescents qui se rencontrent et qui s’aiment. La  technique est assurée et les portés fluides.

La scène entre Juliette et sa mère (incarnée par la délicieuse Delphine Moussin) était très bien jouée avec une gifle qu’on a dû entendre jusqu’au fond du parterre et qui a dû surprendre Dorothée Gilbert elle-même. Au moins, une chose est sûre : les danseuses étaient dans leurs personnages ! Je passe sur la cour de Pâris, scène que je n’aime définitivement pas et qui casse la tension dramatique.

Sur la prestation de Gilbert/Juliette qui porte une grande partie du 3e acte sur ses épaules, je dirais que Dorothée Gilbert n’est pas (encore ?) une tragédienne. Sur cette partie du ballet, j’ai préféré l’interprétation d’Isabelle Ciaravola, à la fois plus forte et plus nuancée. Toutefois, Dorothée Gilbert maintient le cap et reste une Juliette attachante. Josua Hoffalt est, quant à lui, fidèle à son personnage de jeune homme amoureux et désemparé, sans en faire trop et c’était très bien comme ça.

Au final, j’ai aimé ce couple parce qu’il a offert sa lecture de l’histoire de Roméo et Juliette, en restant dans une interprétation plutôt mesurée mais émouvante d’une jeune femme et d’un jeune homme dépassés par leur amour et par les événements.

Je vous invite également à lire les impressions d’Amélie sur son blog Danses avec la plume.

Roméo et Juliette, les saluts...

Une dernière chose : pour ceux qui n’ont pas encore vu Roméo et Juliette, j’ai obtenu une place de dernière minute en appelant le matin de la représentation la billetterie de l’Opéra pour voir s’ils avaient des retours. Et il y avait quelques places de libre au parterre. Donc, pour parodier le petit bonhomme vert : tenter sa chance, il faut…

Première de Coppélia : D.Gilbert, M.Heymann et J.Martinez

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Représentation du 17 mars 2011 au Palais Garnier, avec Dorothée Gilbert (Swanilda), Mathias Heymann (Frantz) et José Martinez (Coppélius).

Coppélia est un ballet maintes fois revisité. La version de Patrice Bart, plus sombre que celle initiale créée par Charles Nuitter et Arthur Saint-Léon, s’articule autour d’un trio amoureux : Swanilda, Frantz et Coppélius, sous l’ombre de la défunte Coppélia, chère au cœur de Coppélius. Dans le programme, Patrice Bart explicite ce trio : « l’attirance de la jeune fille pour un homme plus mûr, la jalousie de l’étudiant, la manipulation dominatrice de l’homme d’expérience ».

Dorothée Gilbert et Mathias Heymann dans Coppélia

Dorothée Gilbert et Mathias Heymann

Dorothée Gilbert, Mathias Heymann et José Martinez sont taillés physiquement pour ces rôles et font croire sans difficulté à ce triangle amoureux et à l’histoire. Dorothée Gilbert campe une Swanilda fraîche et facétieuse, parfaite en boudeuse mécontente de son amoureux et en jeune fille captivée par Coppélius. J’ai beaucoup aimé son jeu, tout au long du 1er acte. Sa danse, comme à l’accoutumée, est très sûre et déliée techniquement. Mathias Heymann est Frantz, jeune homme fringant. Il m’a paru un poil plus en retrait dans son personnage même s’il a offert une prestation soignée. Disons que je m’attendais peut-être à un peu plus de fougue et de brillant de sa part.

José Martinez a incarné un Coppélius, élégant en diable, ténébreux, avec une belle qualité de danse. Je me suis dit que cela devait être une de ses dernières apparitions sur scène et j’ai vraiment savouré chaque minute.

Les ami(es) de Swanilda et de Frantz ont livré une belle partition, pleine de fraîcheur et d’allant, avec côté filles, une Mathilde Froustey très en forme et côté garçons, un Axel Ibot toujours très en jambes.

Quant aux danseuses et aux danseurs qui figuraient les tziganes, on ne peut que leur reconnaître un grand mérite, tant il semble y avoir, comme à la « Noureev », un pas pour chaque note de musique. Cela ne doit pas être facile de se dépêtrer de tout cela, en gardant une telle précision et un tel ensemble. Un regret dans la mise en scène : lorsque les amis de Swanilda et Frantz rejoignent les tziganes, cela devient vraiment très brouillon sur scène, nuisant à la lisibilité de l’ensemble.

Acte II : l’entrée de Swanilda et de ses amies dans la maison de Coppélius était très réussie et très drôle. Un coup de chapeau à Fabrice Bourgeois (Spalanzani), qui, par son répondant, a largement contribué à la drôlerie de cette scène. Dorothée Gilbert, pendant ce deuxième acte, a été parfaite même si elle ne nous a pas gratifié d’un de ses « gilbertismes » (j’entends par là des pirouettes quatre ou cinq tours ou des équilibres interminables). Elle a été plutôt sage, ce qui n’a rien enlevé au brio de sa danse.

J’ai continué à accrocher au Coppélius de José Martinez, envahi par le souvenir de sa femme disparue. Il forme avec Dorothée Gilbert un beau couple, très à l’aise, avec une gestuelle fluide et assurée. La fin du deuxième acte, marqué par les retrouvailles de Frantz et de Swanilda, m’a moins plu. Si Dorothée Gilbert et Mathias Heymann sont tous deux de très bons danseurs… ensemble… je ne sais pas. Ce soir, leur duo m’a semblé manquer d’ampleur et de fluidité, notamment dans les portés. C’est dommage…

Au final, une soirée plutôt agréable. Coppélia n’est certes pas mon ballet préféré (c’est peu dire…) mais il est bien mieux passé que la Petite danseuse de Degas du même chorégraphe !

Coppélia, les saluts

La sélection vidéo du mois

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Ce mois-ci, je déroge un peu aux habitudes. Pas de « battle » entre deux ou trois distributions mais une seule vidéo, un extrait de Roméo et Juliette, dansé par Dorothée Gilbert et Hervé Moreau.

Cette vidéo, que j’avais déjà postée sur twitter il y a quelques semaines, s’inscrit dans l’actualité à double-titre. Tout d’abord, Roméo et Juliette sera donné à partir du 11 avril prochain à l’Opéra Bastille et Dorothée Gilbert devrait incarner le rôle, aux côtés d’Isabelle Ciaravola, Agnès Letestu, Laëtitia Pujol et Clairemarie Osta (selon des pré-distributions « sans garantie » mises en ligne sur le site de Dansomanie).

Et puis l’info a été donnée au détour d’un article du Figaro sur la présentation de la saison 2011-12 à l’Opéra de Paris, Hervé Moreau arrêterait la danse. L’info, à ma connaissance, n’a été confirmée pour le moment ni par l’intéressé ni par l’Opéra de Paris.

Je voulais tout de même avoir une petite pensée pour ce danseur, éloigné de la scène pour cause de blessure (il devait danser Apollon de Balanchine, notamment). Dommage, il aurait fait un très beau Roméo.

Un petit bilan à mi-saison

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Soirée Roland Petit, Paquita, Preljocaj à Chaillot, Grupo Corpo au TCE, le Lac des Cygnes, la soirée 3B… un petit bilan des premiers mois de la saison 2010-2011.

La fin de l’année approche et j’ai eu envie de faire un petit tour d’horizon du début de la saison et de vous faire partager mes découvertes, mes coups de cœur, mes (petites) déceptions.

Les coups de cœur

  • Définitivement, le Jeune homme et la mort de Roland Petit, œuvre poignante, portée cette année par trois grands interprètes : Nicolas Le Riche, Jérémie Bélingard et Stéphane Bullion. Un grand bravo également à Eleonora Abbagnato dont j’ai beaucoup aimé l’interprétation.
Jérémie Bélingard dans le Jeune homme et la mort
Jérémie Bélingard dans le Jeune homme et la mort
  • Comment ai-je pu l’oublier? Je le rajoute donc dans cette liste avec un peu de retard : Nicolas Le Riche, bien sûr. Parce qu’à chaque fois que je l’ai vu sur scène en ce début de saison (et les saisons précédentes), je me suis dit que ce danseur n’avait pas d’équivalent masculin à l’Opéra. Il a une façon de se mouvoir et d’interpréter ses rôles qui n’appartient qu’à lui. C’est définitivement un très Grand. Et puis, il m’a réconcilié avec l’Apollon de Balanchine donc il restera un de mes coups de coeur de cette saison.
  • Le Lac des Cygnes : Agnès Letestu (j’ai eu la chance de la voir danser avant qu’elle ne se blesse à la fin du IIIe acte) et Uliana Lopatkina. La première pour sa danse élégante et déliée, son interprétation, son charisme et la seconde… pour les mêmes raisons.
  • Le Lac des Cygnes toujours avec Stéphane Bullion en Rothbart. Magnétique, époustouflant lors de la Première de ce ballet, il a livré une prestation vraiment inspirée. Son duo avec Karl Paquette à la fin du premier acte était d’une grande intensité. Un joli moment.
  • Le Sacre du printemps de Pina Bausch. Ah, c’est définitivement un ballet qu’il faut voir. Les danseurs et surtout les danseuses sont extraordinaires (et je pèse mes mots). Quelle intensité, quel engagement !
Le Sacre du printemps de Pina Bausch

Le Sacre du printemps de Pina Bausch

Les découvertes

  • Grupo Corpo, une compagnie de danse contemporaine brésilienne qui existe depuis 1975. Ils sont incroyables de virtuosité et de joie de danser. Ils m’ont fait passer une excellente soirée.
Grupo Corpo au Théâtre des Champs-Elysées

Grupo Corpo au Théâtre des Champs-Elysées

Les (petites) déceptions

Je n’ai rien vu qui m’ait fait regretter d’avoir payé une place ou qui m’ait ennuyée. Peut-être aussi n’ai-je pas pris beaucoup de risques….

  • Le Lac des Cygnes. Le corps de ballet y était, globalement, impeccable et les solistes de qualité. Le IVe acte est « breathtaking » mais je crois qu’au final je ne suis pas fan de la (re) chorégraphie de Rudolf Noureev. Le premier acte n’est pas extraordinaire. La première moitié du IIIe acte non plus (enfin, c’est mon avis). Bref, c’était ma petite déception de la saison.
  • Les distributions à l’Opéra de Paris. Ce début de saison a rimé avec Emilie Cozette et Stéphane Bullion. Pas que je m’en plaigne particulièrement (surtout concernant SB qui imprime toujours sa touche personnelle aux personnages qu’il incarne) mais il y a tout de même d’autres danseuses et danseurs à l’Opéra de Paris. J’ai l’impression d’avoir vu la même distribution depuis le début du mois de septembre. J’exagère un peu mais pas tant que ça. Ludmila Pagliero également a été très distribuée, Mathieu Ganio… et les autres alors ?

Paquita : Dorothée Gilbert et Mathieu Ganio

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Retour à Garnier pour voir cette fois-ci Dorothée Gilbert et Mathieu Ganio… avec dans la salle, une grande dame de la danse, Maya Plisetskaya.

Paquita, représentation du 3 novembre avec Dorothée Gilbert et Mathieu Ganio
Paquita, Dorothée Gilbert et Mathieu Ganio © Blog A petits Pas

Premier constat : Dorothée Gilbert est incroyable. Quelle technique ! C’est un tel plaisir de voir des petites batteries, des pirouettes, des sauts et des suites de petits pas exécutés avec une telle maîtrise et une telle décontraction. On ne sent ni effort ni crispation (ce qui n’est pas toujours le cas, même chez les danseurs étoiles).

Retour sur le ballet et le premier acte. Dorothée Gilbert est donc Paquita, Mathieu Ganio incarne Lucien d’Hervilly et Stéphane Phavorin campe Inigo. Dorothée Gilbert fait montre d’une technique impeccable. Mathieu Ganio offre, pour sa part, une très jolie prestation. Certes, il y a eu quelques réceptions pas toujours très nettes mais le danseur a toujours très bien enchaîné. Du coup, ce n’était jamais poussif et l’ensemble est resté gracieux et plutôt aérien. Côté interprétation, le couple m’a un peu laissé sur ma faim pendant le premier tableau mais la scène du souper était très réussie avec une Dorothée Gilbert assez irrésistible. J’ai trouvé Stéphane Phavorin plus amusant que véritablement inquiétant et je préfère la prestation plus nuancée de Yann Saiz dans ce même rôle.
Le Pas de trois était bien exécuté avec un Emmanuel Thibault qu’on ne peut pas ne pas remarquer. Il a d’ailleurs été fort applaudi (par un public vraiment très chaleureux ce soir). Le corps de ballet signe une prestation toujours soignée, à quelques jours du concours de promotion. Quelques petits décalages chez les villageoises m’a-t-il semblé mais rien qui nuise à l’esthétique d’ensemble.

Deuxième acte. Scène du palais un peu décevante. Le couple formé par Béatrice Martel et Emmanuel Hoff m’a manqué. Et j’ai trouvé Mathieu Ganio un peu timoré et effacé pour un jeune homme de bonne famille qui vient présenter Paquita à sa famille. Bref, pas facile d’y croire. Si l’on s’en tient à la danse et au pas de deux, je retiendrai deux mots : grâce et fluidité. C’était vraiment beau… tout simplement (mis à part un équilibre trop long et tremblotant à la fin. Peut-être était-ce dans le grand Pas, j’ai un doute).
Le grand Pas justement était à l’unisson. Certes, Mathieu Ganio n’a pas l’air d’affectionner les tours en l’air. Et les fouettés de Dorothée Gilbert auraient pu être plus explosifs (sa diagonale de grands jetés, en revanche, était impressionnante). Mais les deux étoiles (et ces deux artistes méritent bien ce titre) ont offert, tout au long du ballet, une danse de très belle qualité. Le corps de ballet, quant à lui, n’a pas démérité malgré, là encore, quelques petits décalages. Jolies propositions côté féminin dans le grand Pas (et une bonne idée d’associer Mathilde Froustey et Charline Giezendanner).

Au final, une excellente soirée. Certains comparent Paquita à un gâteau très sucré (c’est un peu vrai par certains côtés) mais avec de tels interprètes, j’en reprendrai volontiers une part…voire deux !