Archives du tag: Florian Magnenet

Troisième symphonie de Gustav Mahler par John Neumeier

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Quelques impressions sur la Première de ce ballet de John Neumeier, actuellement à l’affiche à l’Opéra Bastille.

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Au premier rang : Mathias Heymann, Isabelle Ciaravola, Karl Paquette, Eleonora Abbagnato, Stéphane Bullion. Au deuxième rang : Mathilde Froustey, Vincent Cordier, Aurélia Bellet, Fabien Révillion

Une partition ambitieuse, un ballet symphonique de deux heures, six mouvements, six tableaux, du blanc, du rouge, quelques pastels, des clairs-obscurs… C’est la troisième symphonie de Gustav Mahler mise en mouvements et en lumières par John Neumeier ; ballet entré tout récemment au répertoire du ballet de l’Opéra de Paris (mars 2009).

Dans un océan de miasmes et de remugles de morve en tout genre, quintes de toux et j’en passe (merci mes voisins du 1er balcon…), j’ai trouvé à cette œuvre symphonique et chorégraphique un magnétisme certain, avec cette quête initiatique et universelle du personnage principal, l’Homme.

Les six mouvements chorégraphiés installent chacun une tonalité différente, du blanc embryonnaire du début vers le vert, nerf de la guerre, puis les doux pastels du deuxième mouvement primesautier, les rouges chaleureux du troisième mouvement (qui s’étirrrre en longueur), les blancs et chair épurés du quatrième mouvement, le rouge (de l’innocence ?) du cinquième mouvement, rouge amour rouge toujours du dernier mouvement.

Karl_Paquette_Neumeier_symphonie

Karl Paquette

Que dire des danseurs ? Que du bien. Mais oui… Bien sûr, quelques petites désynchronisations de-ci de-là dans les grands tableaux d’ensemble, mais, au final, j’ai trouvé cette distribution très cohérente. Karl Paquette, l’Homme, est tout à fait convaincant dans un rôle pas si simple à porter. Il y amène sa force tranquille, dépourvue d’affectation. On revoit avec bonheur Mathias Heymann, en chef de guerre puissant. Et puis, Mélanie Hurel, Alessio Carbone, Mathilde Froustey, Aurélia Bellet, Vincent Cordier… et Laura Hecquet/Florian Magnenet, parfaitement accordés, à la danse épurée, minérale, réglée comme un métronome.

Eleonora Abbagnato et Stéphane Bullion

Eleonora Abbagnato et Stéphane Bullion

Si Eleonora Abbagnato ne m’avait pas totalement convaincue en Carmen, elle m’a semblé ici tout à fait à son aide, gracile et sensuelle, aux côtés de Karl Paquette et de Stéphane Bullion dans le Pas de trois de « la Nuit », porté par une partition magnifique. Quant à Isabelle Ciaravola, le rôle de l’Ange lui va bien… Intemporelle, immatérielle, en un mot, exquise !

Avec Simon Hewett (direction musicale) et Aline Martin (mezzo-soprano)

J’oubliais… ce ballet sera retransmis en direct dans certaines salles de cinéma le jeudi 18 avril !

Gala Noureev au Palais Garnier

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6 mars… Hommage de l’Opéra de Paris à Rudolf Noureev, vingt ans après sa disparition.

Une soirée composée d’extraits de ballets chorégraphiés par Noureev pour célébrer sa vie de danseur, de chorégraphe et surtout son passage à la Direction de la danse de l’Opéra de Paris. Casse-noisette, La Belle au bois dormant, Cendrillon, Don Quichotte, Raymonda, Le Lac des Cygnes, Roméo et Juliette, Manfred, La Bayadère… Autant d’extraits dansés par les Etoiles et les Premiers danseurs de l’Opéra de Paris (et le Corps de ballet sur La Bayadère).

Une soirée en demi-teinte avec des prestations dont on pouvait attendre parfois plus. Moment culminant, à mon sens, avec la superbe interprétation de Roméo et Juliette par un couple dont la technique et l’engagement ne semblaient, ce soir, en rien céder aux années qui passent : Nicolas Le Riche et Laëtitia Pujol.

Nicolas Le Riche et Laetitia Pujol

Nicolas Le Riche et Laëtitia Pujol pour un Roméo et Juliette émouvant

Agnès Letestu et Stéphane Bullion

Extrait de La Bayadère avec Stéphane Bullion et Agnès Letestu qui mérite toujours son surnom de Reine Agnès

Aurélie Dupont

Aurélie Dupont en Belle au bois dormant (Jolis équilibres même si les arabesques manquaient parfois d'amplitude)

Dorothée Gilbert, cygne noir, a dansé avec Benjamin Pech (au centre) et Mathieu Ganio. Une prestation convaincante. Emilie Cozette incarnait, pour sa part, le cygne blanc, aux côtés de l'élégantissime Hervé Moreau

Vincent Chaillet et Eve Grinsztajn (à gauche), ont dansé un fandango plein de charme et d'énergie dans Don Quichotte suivis par Karl Paquette et Ludmila Pagliero, qui a décidément trouvé en Kitri un rôle qui lui va bien. Au centre, Mathias Heymann pour un retour à la scène aussi attendu qu'émouvant dans un extrait de Manfred

Marie-Agnès Gillot et Florian Magnenet ont interprété le délicat Pas de deux du tabouret dans Cendrillon tandis qu'Isabelle Ciaravola s'est illustrée dans La Claque de Raymonda

Sans oublier la délicate Myriam Ould-Braham, accompagnée de Christophe Duquenne (très en forme ce soir), qui ont ouvert le bal en dansant un extrait de Casse-Noisette.

L’Histoire de Manon : Isabelle Ciaravola, Florian Magnenet

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Troisième et dernier épisode de mon Histoire de Manon au Palais Garnier, avec Isabelle Ciaravola (Manon), Florian Magnenet (Des Grieux), Alessio Carbone (Lescaut), Nolwenn Daniel  (sa maîtresse) et Arnaud Dreyfus (Monsieur de G.M).

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Florian Magnenet et Isabelle Ciaravola

Retour à Garnier donc, pour tenter une nouvelle fois de me laisser envoûter par les charmes de ce ballet, chorégraphié par Kenneth MacMillan. En lieu et place de Ludmila Pagliero et Christophe Duquenne initialement prévus, Isabelle Ciaravola et Florian Magnenet qui, à la suite du remaniement des distributions dû aux blessures d’Agnès Letestu et de Ludmila Pagliero, se retrouvent partenaires.

Une impression générale tout d’abord. Je reste sur mes impressions de la Première. Ce ballet offre indéniablement de beaux moments. Difficile notamment de résister à la passion des deux Pas de deux de la Chambre. Toutefois, je n’ai pas retrouvé le souffle, le lyrisme de ballets tels qu’Onéguine et la Dame aux Camélias. Et de mon troisième rang de troisième loge, certaines scènes du deuxième acte dans l’hôtel particulier de Madame semblaient manquer singulièrement de truculence.

Côté distribution, Isabelle Ciaravola bien sûr. Elle irradie dans le rôle, promenant sur scène sa silhouette gracile, ses jambes incroyables et ce talent de tragédienne qu’on lui prête souvent, à très juste titre. On la suit dans ses premiers élans, jeune Manon timide mais déjà bien consciente de son charme, ses atermoiements de femme rouée mais aimante, puis sa lente agonie du troisième acte. Le partenariat avec Florian Magnenet fonctionne plutôt bien, même si quelques couacs dans le premier Pas de deux de la Chambre laissent deviner que les deux danseurs ont eu peu de temps pour répéter ensemble. J’ai trouvé Florian Magnenet plus à l’aise, plus libéré dans le deuxième acte. D’ailleurs, c’est un peu le même constat pour les deux autres distributions que j’ai pu voir : les couples me semblent plus convaincants dans l’opposition et la réconciliation teintée de défi du deuxième acte que dans la passion sans entraves du premier.

Alessio Carbone a, pour sa part, incarné un Lescaut sombre, plutôt effacé et j’ai été étonnée de ne pas voir davantage sa malice habituelle à l’œuvre dans la scène de beuverie du deuxième acte. Nolwenn Daniel, à ses côtés, très convaincante, a opté pour un parti-pris côté interprétation, à mi-chemin entre Muriel Zusperreguy et Alice Renavand. Le Monsieur de G. M d’Arnaud Dreyfus était, lui aussi, bien campé, suintant d’envie quasi-malsaine à la fin du premier acte.

Un petit mot, enfin, pour saluer la performance d’Allister Madin en chef des mendiants et d’Eléonore Guérineau en prostituée travestie.

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Demain, c’est la dernière de l’Histoire de Manon. Clairemarie Osta y fera ses adieux aux côtés de son époux Nicolas Le Riche. Je ne pourrai pas y être mais je vous invite à consulter ma liste de blogs favoris (colonne de droite!), sur lesquels vous pourrez trouver la semaine prochaine comptes rendus et photos de cet événement qui devrait être riche en émotions!

Et pour finir… petit bonus : une interview d’Isabelle Ciaravola qui parle notamment de l’importance du partenaire.

La Bayadère : Myriam Ould-Braham, Florian Magnenet, Charline Giezendanner

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Une fois n’est pas coutume et pour varier un peu les plaisirs, retour sur cette soirée avec quelques photos…

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Un duo attachant : Myriam Ould-Braham, Nikiya lyrique et subtile - Florian Magnenet, Solor convaincant et attentif. Très beau partenariat, notamment dans le troisième acte. (c) Blog A petits Pas

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Une courageuse prise de rôle pour Charline Giezendanner en Gamzatti. (c) Blog A petits Pas

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De gauche à droite : Heloïse Bourdon (1e ombre), Allister Madin en Idole dorée, Valentine Colasante (2e ombre) et Axel Ibot (Fakir) (c) Blog A petits Pas

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Quand l'acte III et l'acte II se rencontrent : Les ombres et les "Kshatriyas". (c) Blog A petits Pas

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La danse indienne, qui fait toujours son petit effet...(c) Blog A petits Pas

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(c) Blog A petits Pas

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(c) Blog A petits Pas

Comptes rendus à lire (ou à venir) : La loge d’Aymeric, Danse opéra, Danses avec la plume

Cendrillon : Dorothée Gilbert et Florian Magnenet

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Représentation de Cendrillon, le 1er décembre à l’Opéra Bastille avec dans les rôles titres : Dorothée Gilbert, Florian Magnenet qui a remplacé Nicolas Le Riche au début du IIe acte dans le rôle de l’acteur-vedette, Alice Renavand et Nolwenn Daniel (les deux sœurs), Simon Valastro (la Marâtre), Karl Paquette (le Producteur) et Alessio Carbone (le Professeur de danse).

Cette représentation aura été marquée par l’apparition éclair de Nicolas Le Riche, qui une fois sa première variation de l’acteur-vedette terminée a dû quitter la scène sur blessure et a été remplacé au pied levé par Florian Magnenet. J’espère pour lui qu’il ne s’agit de rien de trop grave. Il est également distribué sur Onéguine, dont il doit assurer la Première aux côtés d’Aurélie Dupont vendredi prochain. J’ai peur qu’il ne puisse pas en être…

Revenons à cette soirée. Cendrillon est un ballet qui m’avait enchantée quand je l’avais vu, il y a quatre ans, sur la scène de Garnier. Quand je l’ai revu, il y a quelques jours, lors de la répétition générale, je me suis demandée ce que j’avais bien pu lui trouver. Certes, déplacer Cendrillon dans un cadre hollywoodien avec King-Kong, producteur et acteur-vedette est une idée plutôt sympa. Mais pour le reste…j’ai connu Noureev plus inspiré sur le plan de la chorégraphie. Et puis, sur la scène de Bastille, avec ces lumières un peu froides, on a parfois du mal à se sentir porté par l’œuvre.

Acte 1. Ce premier acte s’ouvre sur la maison de Cendrillon, ses deux sœurs pestes, sa marâtre et son père qui s’oublie dans boisson, incarné ici par Pierre Rétif. Dorothée Gilbert est une Cendrillon douce, rêveuse, forcément un peu triste, en définitive, convaincante et que l’on se réjouit de voir évoluer dans des soli pourtant pas toujours très transcendants, au niveau chorégraphique. Elle s’est, en tout cas, taillé un franc succès après le passage de claquettes, toujours aussi agréable à regarder.

Alice Renavand (la sœur en bleu), Nolwenn Daniel (la sœur en rose) et la mère (Simon Valastro) forment un trio assez déséquilibré. Alice Renavand adopte ici le parti pris d’une sœur très nunuche qui joue plus sur la bêtise que sur la méchanceté alors que Simon Valastro n’a pas trop donné dans le registre comique. Et Nolwenn Daniel, du coup, face à une Alice Renavand déchaînée, a eu un peu de difficultés à exister. Alessio Carbone était parfait en professeur de danse et la leçon donnée aux deux sœurs à la barre m’a fait franchement sourire, avec une Alice Renavand assez hilarante.

Alice Renavand et Nolwenn Daniel

Alice Renavand et Nolwenn Daniel

Heureusement pour Cendrillon, le producteur Karl Paquette l’arrache à cette existence pas franchement rigolote. Un détour par le défilé de mode des saisons dans lequel j’ai particulièrement aimé Eve Grinsztajn en Eté, avant d’arriver aux studios d’Hollywood, un dernier tableau plutôt réussi. Je le dis haut et fort, j’aime le concept des danseurs incarnant les douze heures de l’Horloge et donc, un peu plus tard, les douze coups de minuit, mais les costumes, c’est pas possible, vraiment, même au deuxième degré…  Un premier acte, en tout cas, très applaudi. J’avoue que pour ma part j’attendais surtout de voir enfin Nicolas le Riche en acteur-vedette dans le deuxième acte.

A l’entracte, je retrouve Cams qui, à cause de problèmes de transport, a raté le premier acte de peu. J’essaie de lui remonter le moral en lui disant qu’elle n’a pas manqué Nicolas Le Riche et qu’il lui reste tout de même deux actes.

Acte 2. Nicolas arrive donc. Il joue l’acteur-vedette. Il descend le grand escalier du plateau de tournage, fait sa variation et quitte la scène assez précipitamment. Je me dis que c’est étrange qu’il reparte dans les coulisses aussi vite. Mais les danseurs de l’Opéra sont de tels professionnels que je n’ai senti à aucun moment un quelconque moment de flottement sur scène. Je ne connais pas assez bien le ballet mais à priori, Yann Saïz (débonnaire metteur en scène) et Karl Paquette ont pris le relais de façon très naturelle et cinq minutes plus tard, l’acteur-vedette reparaissait nettement plus grand, en la personne de Florian Magnenet.

Passées la première surprise et la déception de ne pas voir danser Nicolas Le Riche, je dois dire que j’ai été impressionnée par la façon dont Florian Magnenet a repris le rôle au pied levé et surtout la manière dont il a trouvé instantanément avec Dorothée Gilbert une complicité et une entente. Le Pas de deux du tabouret, qui demande une véritable connexion entre les deux danseurs, a été très bien mené. Face à une Dorothée Gilbert, toujours dotée d’une grande aisance technique, Florian Magnenet a su trouver sa place et exister.

Un deuxième acte d’ailleurs très distrayant. Si le tournage des trois films du début m’a paru un peu long, j’ai en revanche bien apprécié les essais de Cendrillon, avec la verve d’Alice Renavand, de Yann Saïz, l’élégance d’Alessio Carbone, et le partenariat convaincant de Dorothée Gilbert et Florian Magnenet.

Dorothée Gilbert et Florian Magnenet

Dorothée Gilbert et Florian Magnenet

Acte 3 ou l’acte de la recherche du pied qui irait bien dans le soulier. Après la quête de l’acteur-vedette dans la taverne espagnole, le bouge chinois et le cabaret russe, retour dans la maison de Cendrillon. Du côté des sœurs, ça s’amuse toujours avec un parti pris définitivement plus du côté de la bêtise que celui de la méchanceté. Alice Renavand nous offre une prestation assez déjantée, bien secondée par Nolwenn Daniel, qui reste toutefois plus dans la réserve. Même Simon Valastro force un peu plus le trait…

Vous connaissez la fin. L’acteur-vedette retrouve sa star de cinéma en la personne de Cendrillon, qui aux douze coups de minuit avait dû abandonner ses stilettos argentés pour revêtir sa triste robe grise et son fichu. Elle signe un beau contrat et avec l’acteur-vedette, ils s’apprêtent à toucher plein de gros cachets.

Le pas de deux final, sous les yeux du producteur, fonctionne très bien. Dorothée Gilbert et Florian Magnenet ont su trouver une véritable harmonie et ont livré une dernière prestation à la fois élégante et touchante. J’ai, au final et malgré mes réserves sur ce ballet, passé une très bonne soirée.

Cendrillon est à l’affiche à l’Opéra Bastille jusqu’au 31 décembre.

La Source : Charline Giezendanner/Florian Magnenet/Laura Hecquet

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Représentation du ballet La Source du 28 octobre avec Charline Giezendanner (Naïla), Florian Magnenet (Djémil), Laura Hecquet (Nouredda), Allister Madin (Zaël), Christophe Duquenne (Mozdock), Aurélia Bellet (Dadjé) et Emmanuel Hoff (Le Khan).

Après la Première prometteuse de ce ballet créé par Jean-Guillaume Bart, retour à Garnier pour découvrir une autre distribution avec, notamment, les prises de rôle de Charline Giezendanner en Naïla et Laura Hecquet en Nourreda.

C. Giezendanner et F. Magnenet

Charline Giezendanner et Florian Magnenet

Quelques impressions générales tout d’abord : j’ai trouvé cette distribution plus à l’aise et plus convaincante dans le deuxième acte. Le premier m’a semblé émaillé de petites imprécisions techniques. Il faut dire et rappeler que la chorégraphie de Jean-Guillaume Bart ne pardonne pas sur ce plan et si l’on est un tant soit peu déstabilisé, on prend ensuite vite du retard par rapport à la musique qui va tambour battant.

Le deuxième acte m’a paru donc mieux mené. Le final qui m’avait laissée de marbre lors de la Première, a été ici interprété avec beaucoup de conviction, de finesse et de sensibilité par Charline Giezendanner, Florian Magnenet et Laura Hecquet. Ils m’ont permis de voir autrement la fin de ce ballet et d’y ressentir une véritable émotion.

Enfin, au point de vue de l’écriture chorégraphique, un peu de pantomime n’aurait sans doute pas été superflue, notamment dans le premier acte. Elle aurait permis de laisser un peu plus de place à la narration et à l’exploration des liens entre les personnages.

Acte 1. Le ballet s’ouvre sur le monde des êtres immatériels, les elfes, les nymphes et le bondissant Zaël incarné ici par Allister Madin, qui, s’il n’a pas l’abattage technique d’un Mathias Heymann, s’est acquitté très honorablement des difficultés de ce rôle. Je l’ai beaucoup aimé dans le deuxième acte, j’y reviendrai.

Côté Caucasiens, Laura Hecquet est une Nourreda, comme je l’imaginais : altière et lointaine, avec une technique précise, aux côtés d’un Mozdock (Christophe Duquenne) effectivement plus grand frère, comme je l’ai lu je ne sais plus où, que leader antipathique, ce qui n’enlève d’ailleurs rien à son mérite. Le duo Djémil/Naïla interprété par Florian Magnenet et Charline Giezendanner est, pour sa part, crédible et attachant. Charline Giezendanner est une Naïla douce et mutine face à Florian Magnenet, bien investi dans un rôle qui n’est pas très étoffé, au niveau de la dramaturgie. Là où le bât blesse, c’est plutôt au niveau de la technique. Si Charline Giezendanner se sort de son manège sans trop de problème, la variation de Florian Magnenet a été ensuite plus approximative. L’un des portés effectué par les elfes m’a semblé également très tremblant et mal assuré. Il faut dire que, suite au forfait de Laëtitia Pujol, cette distribution a eu sans doute peu de temps pour se rôder (et a peu de représentations malheureusement pour trouver ses marques).

Acte 2 ou l’acte de la libération. La première partie dans le Palais du Khan est toujours aussi divertissante. Laura Hecquet en Nourreda et Aurélia Bellet (Dadjé) jouent les rivales devant un Khan (Emmanuel Hoff) plutôt autoritaire. Toutes deux semblent à l’aise dans le style chorégraphique de Jean-Guillaume Bart. Au niveau de l’interprétation, elles offrent une lecture différente de celle d’Isabelle Ciaravola et Nolwenn Daniel. Laura Hecquet est une Nouredda plus lointaine, moins lyrique. Si elle est humiliée à la fin, elle n’en reste pas moins enfermée dans sa dignité et sa tristesse muette alors qu’Isabelle Ciaravola montrait davantage son désarroi. Quant à Aurélia Bellet, elle incarne une Dadjé plus espiègle, sans doute un peu moins féminine que celle de Nolwenn Daniel. Allister Madin fait une apparition remarquée et se distingue par des sauts amples, aériens, efficacement secondé par les quatre elfes. De manière générale, j’ai trouvé les danseurs plus libérés dans ce deuxième acte.

La deuxième partie avec le départ de Nouredda et le sacrifice de Naïla a constitué le point d’orgue du ballet. Laura Hecquet-Nouredda baisse enfin la garde devant Florian Magnenet-Djémil dans un beau Pas de deux, bien mené tandis que Charline Giezendanner déploie grâce immatérielle et tristesse humaine devant l’amour non partagé qu’elle ressent pour Djémil. Pour preuve, la scène du sacrifice où, un moment assise, elle ploie lentement la tête, comme vaincue par ses sentiments et la relève tout aussi lentement comme pour signifier que sa décision est prise, au grand dam de l’elfe Zaël. Et lorsqu’avec le talisman, elle permet à Nourreda et Djémil de vivre enfin leur amour, Florian Magnenet-Djémil vient l’en remercier dans un geste plein de gratitude et de douceur. Un final très réussi. Dommage encore une fois que cette distribution n’ait pas plus de représentations pour progresser encore…

Saluts_LaSource

J’attends maintenant avec impatience de découvrir le couple Myriam Ould-Braham/Josua Hoffalt, que l’on peut déjà voir sur le site de l’Opéra (extraits). Rendez-vous donc la semaine prochaine pour un petit compte rendu après un détour par Versailles pour voir le ballet de Vienne danser Marie-Antoinette.

Rencontre autour du ballet « La Source »

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Premier rendez-vous « danse » de l’année, hier, à l’amphithéâtre Bastille pour la (re)création du ballet La Source par Jean-Guillaume Bart. Pour cette répétition, le chorégraphe était accompagné des danseurs Myriam Ould-Braham et Florian Magnenet.

Répétition de La Source

Myriam Ould-Braham, Florian Magnenet et Jean-Guillaume Bart

La Source est une œuvre oubliée du répertoire, créée à l’Opéra de Paris en 1866, sur un livret d’Arthur Saint-Léon et Charles Nuitter et des musiques de Ludwig Minkus et Léo Delibes. Jean-Guillaume Bart, ancien danseur étoile à l’Opéra, a souhaité recréer ce ballet, avec une idée bien précise de la partition chorégraphique qu’il souhaite mettre en place : «  Pour moi, la danse classique a encore beaucoup à nous dire, à condition de ne pas la dénaturer comme c’est parfois le cas aujourd’hui. Au lieu de l’utiliser de façon purement décorative ou de la pousser à l’extrême, au risque de la transformer en gymnastique désarticulée, il faut lui redonner toute son expressivité ». (interview accordée au magazine Danser, numéro d’octobre 2011). Ajouter à cela une collaboration avec Clément Hervieu-Léger pour la dramaturgie, Eric Ruf pour les décors et Christian Lacroix pour les costumes, il va sans dire que cette nouvelle œuvre suscite de l’attente et des espoirs chez les balletomanes de tous poils.

La répétition est introduite par Brigitte Lefèvre, directrice de la danse. Elle explique notamment que ce projet remonte à quelques années déjà puisque Jean-Guillaume Bart en avait parlé avec elle dès 1997. Le chorégraphe entre ensuite sur la scène de l’amphithéâtre Bastille, suivi des Premiers Danseurs Myriam Ould-Braham (Amélie, à côté de moi, applaudit à tout rompre), Florian Magnenet ainsi que d’Elena Bonnay, chef de chant.

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Laëtitia Pujol, Crédits : Anne Deniau / ONP

La répétition commence avec l’apparition, dans le premier acte, de Naïla, esprit de la Source, au chasseur Djémil. Djémil vient d’être battu comme plâtre par les frères de la belle Nouredda, jeune femme pour laquelle il a cueilli une fleur. Il est donc à terre lorque la nymphe apparaît : « C’est plus une scène dansée, une action mimée », explique Jean-Guillaume Bart. Myriam Ould-Braham commence alors cette variation, la fleur à la main, avec une légèreté et un tel moelleux qu’elle mérite une fois encore pleinement son surnom de « Myriam-pleine-de-grâce ». Jean-Guillaume Bart l’interrompt, extrêmement attentif, comme il le sera d’ailleurs tout au long de la répétition, au placement des danseurs sur la musique. Il lui donne quelques indications sur ses bras : « Tu dois envoyer ton port de bras comme si c’était une baguette magique ». Le chorégraphe évolue avec la danseuse pour recadrer avec elle quelques pas et l’on voit encore le magnifique danseur qu’il a dû être. Il insiste également beaucoup sur les intentions des personnages et revient à plusieurs reprises sur la douceur et la délicatesse dont Naïla doit faire preuve, pareille à un mouvement d’ondoiement.

La répétition se poursuit, Florian Magnenet-Djémil s’éveille. Les deux danseurs évoluent avec aisance. Jean-Guillaume Bart reste à l’affût de chaque placement du corps « Continue à être vivante dans ton pied de terre » et de l’osmose du mouvement avec la musique, reprenant inlassablement les comptes de la musique : « Il ne faut pas avoir peur de remplir la musique au maximum », explique-t-il en reprenant l’exemple d’une entrée du Prince dans Giselle (je crois, dans l’acte II). Un moment où il n’y a pas beaucoup de mouvements à danser mais où il faut juste être, en accord avec la musique. Je vous rassure tout de même, dans cet extrait de La Source, il y a quand même largement de quoi faire et de quoi voir !

Deuxième extrait avec un pas de deux Naïla/Djémil, rajouté par Jean-Guillaume Bart dans le premier acte. La chorégraphie est très épurée, harmonieuse et aérienne et les applaudissements du public très chaleureux. Le chorégraphe replace certains mouvements : « Si vous pouviez garder le contact, là. Il y a un côté très Titanic », indique-t-il amusé, sans jamais déroger à sa réputation d’artiste musical : « Ah là, vous étiez très en retard mais c’était très joli ». J’ai trouvé, pour ma part, que Florian Magnenet et Myriam Ould-Braham s’accordaient très bien. Pourtant la chorégraphie n’est pas des plus simples. Je repense notamment à un porté en planche, qui semble très difficile physiquement à réaliser pour le danseur (Jean-Guillaume Bart n’a d’ailleurs pas hésité à porter Myriam Ould-Braham lui-même pour voir s’il n’était pas possible de la monter encore plus haut). Bref, une séquence très réjouissante à regarder entre portés en écharpe et temps de flèche, délicatesse et musicalité. Et Jean-Guillaume Bart, de préciser, faisant une analogie avec la peinture « il y a un fondu qu’on doit trouver dans la danse, des lignes de fuite ».

Une répétition très studieuse et prometteuse qui donne d’autant plus envie de découvrir le ballet dans son entier. Ce sera à partir du 22 octobre au Palais Garnier. Laëtitia Pujol, forfait pour le début de la série, devrait revenir à la fin. Pour en savoir plus sur les distributions, c’est par là. Le ballet sera retransmis en direct dans plusieurs salles de cinéma le 4 novembre à 19h30. Enfin, j’espère de tout cœur pour Myriam Ould-Braham une nomination sur ce ballet. Hier, j’avoue n’avoir vu qu’elle. C’est sans doute cela avoir le charisme d’une danseuse étoile.

Les Enfants du Paradis, Première !

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Représentation des Enfants du Paradis de José Martinez avec dans les rôles-titres Agnès Letestu (Garance), Stéphane Bullion (Baptiste), Florian Magnenet (Frédérick Lemaître), Vincent Chaillet (Lacenaire), Clairemarie Osta (Nathalie), Valentine Colasante (Madame Hermine), Yann Saïz (Le Comte) et Laura Hecquet (la Ballerine).

Saluts des Enfants du Paradis avec José Martinez

Agnès Letestu, José Martinez et Stéphane Bullion

Après une annulation, pour cause de grève de certains personnels techniques, de la vraie Première prévue le 29 juin, les Enfants du Paradis ont finalement ouvert leurs portes le lendemain. Ce ballet est une adaptation du célèbre film de Marcel Carné avec Arletty et Jean-Louis Barrault, chorégraphiée par José Martinez en 2008 pour le ballet de l’Opéra de Paris. Un mot tout d’abord sur cette œuvre : j’avais vu le ballet à sa création et avait eu du mal à adhérer à une proposition que je jugeais à l’époque trop scolaire. Au final, en ayant vu la répétition publique avec Isabelle Ciaravola et Mathieu Ganio, puis cette représentation, je nuancerais quelque peu ma position. C’est un ballet ambitieux qui pêche par certaines longueurs, notamment dans le premier acte et sans doute aussi pendant la scène de la création de Robert Macaire. Mais au final, je trouve l’œuvre attachante, poétique, avec un concept de théâtre dans le théâtre pendant le spectacle et à l’entracte plutôt bien ficelé. Voilà pour l’avis général.

Acte 1. Baptiste est assis pensif sur son tonneau tandis que le boulevard du Temple s’anime et que Lacenaire, Frédérick Lemaître et Garance entrent en scène. Agnès Letestu a allié, comme à l’accoutumée, élégance et technique d’acier. Côté interprétation, elle a campé une Garance très enjouée, moins ombrageuse que celle d’Isabelle Ciaravola et je ne l’ai pas trouvée très inquiète à l’arrivée des sergents. Vincent Chaillet est un Lacenaire félin, avec de superbes lignes. Florian Magnenet incarne, pour sa part, un Frédérick Lemaître plein de jeunesse, que j’aurais bien vu plus canaille (c’est tout de même un sacré coureur de jupons).

Quant à Stéphane Bullion, il est un Baptiste-Pierrot convaincant et plutôt drôle. D’ailleurs, tout au long du ballet, j’ai préféré son interprétation lorsqu’il jouait le rôle de Baptiste-Pierrot. Je l’ai moins aimé en Baptiste-homme amoureux. Très beau pas de deux avec Clairemarie Osta, qui incarne à merveille le rôle de Nathalie, cette femme qui aime Baptiste mais n’est pas aimée en retour (rôle, soit dit en passant, complètement sous-dimensionné pour Clairemarie Osta).

Le « pas de trois » entre Madame Hermine (énergique Valentine Colasante !), Frédérick Lemaître et Baptiste était plutôt bien mené même si j’ai une nette préférence pour la distribution Caroline Bance – Karl Paquette – Mathieu Ganio vue en répétition. La scène finale de la chambre fonctionnait bien. Il faut dire que le couple Agnès Letestu-Stéphane Bullion (Ah…leur Dame aux Camélias !) dégage quelque chose… un je-ne-sais-quoi. Florian Magnenet en jeune Frédérick Lemaître sachant retourner sa veste et passer d’une femme à une autre, était tout à fait à l’aise et convaincant.

Pauline Verdusen en Desdémone

Pauline Verdusen danse Desdémone dans le grand escalier du Palais Garnier

Acte 2. Après l’entracte où l’on a pu voir Pauline Verdusen et Florian Magnenet danser Othello et Desdémone dans le grand escalier du Palais Garnier, retour dans la salle pour la scène de la création de Robert Macaire, avec un Florian Magnenet en grande forme. Des sauts aux petits oignons, des réceptions quasi-impeccables… j’ai été assez impressionnée par son niveau. Laura Hecquet a dansé le rôle de la ballerine avec beaucoup de grâce et de finesse. Cela faisait plaisir de la voir à nouveau dans un rôle plus consistant. Coup de chapeau également au corps de ballet, très affûté et en place dans cette longue scène.

Retour à nos personnages principaux dans la scène 2. Agnès Letestu était dans ce deuxième acte plus sombre, chagrinée par sa relation avec le Comte, bien incarné par Yann Saïz. Baptiste-Bullion, d’abord heureux puis peu à peu rongé par cet amour impossible, a surtout attiré mon attention dans la scène de la pantomime. Je lui ai trouvé un certain potentiel comique et j’ai vraiment pris plaisir à le voir évoluer dans le rôle Baptiste-Pierrot. Clairemarie Osta était, pour sa part, toujours aussi attachante en Nathalie tandis que Vincent Chaillet-Lacenaire promenait, avec une belle assurance, sa longue silhouette et son pas félin tout en lissant sa moustache.

Une distribution, en tout cas, intéressante avec des personnages bien servis par les danseurs qui les incarnent. Si Agnès Letestu et Stéphane Bullion n’ont pas démérité dans les rôles de Garance et Baptiste, j’ai toutefois une préférence pour le couple Isabelle Ciaravola-Mathieu Ganio, qui semble être l’incarnation dansée d’Arletty et Jean-Louis Barrault.

Samedi, retour à Bastille pour voir l’Anatomie de la sensation. Ça va nous changer de registre !

Saluts des Enfants du Paradis

Valentine Colsante, Yann Saïz, Laura Hecquet, Florian Magnenet, Clairemarie Osta, Agnès Letestu, Stéphane Bullion, Vincent Chaillet et Pauline Verdusen

D’autres comptes rendus à venir sur les blogs du Petit Rat et de Pink Lady

Concours de promotion du ballet de l’Opéra et prix AROP

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Week-end chargé à l’Opéra de Paris avec vendredi et samedi derniers le concours annuel de promotion interne du ballet de l’Opéra.

Vendredi, c’était au tour des dames avec à pourvoir (seulement) un poste de choryphée, un poste de sujet et un poste de première danseuse. Surprise : le jury n’est pas arrivé à se mettre d’accord sur le poste de première danseuse et aucun sujet n’a été promu. Dommage, alors qu’il y a beaucoup de talents à ce niveau. Chez les hommes, plus de postes et moins de suspens. Florian Magnenet notamment a été promu premier danseur. Les infos, les réactions sur le forum dansomanie.

Par ailleurs, l’Association pour le Rayonnement de l’Opéra de Pris (AROP), remet ce soir son prix, décerné annuellement à deux danseurs élus par les membres de l’association. Charline Giezendanner (qui, je trouve, a une joie de danser communicative) et Marc Moreau (que je n’ai pas beaucoup vu, hasard des distributions) devraient être les heureux lauréats. L’info devrait être mise en ligne ce soir ou demain matin sur le site de l’AROP : http://www.arop-opera.com