Troisième et dernier épisode de mon Histoire de Manon au Palais Garnier, avec Isabelle Ciaravola (Manon), Florian Magnenet (Des Grieux), Alessio Carbone (Lescaut), Nolwenn Daniel  (sa maîtresse) et Arnaud Dreyfus (Monsieur de G.M).
Retour à Garnier donc, pour tenter une nouvelle fois de me laisser envoûter par les charmes de ce ballet, chorégraphié par Kenneth MacMillan. En lieu et place de Ludmila Pagliero et Christophe Duquenne initialement prévus, Isabelle Ciaravola et Florian Magnenet qui, à la suite du remaniement des distributions dû aux blessures d’Agnès Letestu et de Ludmila Pagliero, se retrouvent partenaires.
Une impression générale tout d’abord. Je reste sur mes impressions de la Première. Ce ballet offre indéniablement de beaux moments. Difficile notamment de résister à la passion des deux Pas de deux de la Chambre. Toutefois, je n’ai pas retrouvé le souffle, le lyrisme de ballets tels qu’Onéguine et la Dame aux Camélias. Et de mon troisième rang de troisième loge, certaines scènes du deuxième acte dans l’hôtel particulier de Madame semblaient manquer singulièrement de truculence.
Côté distribution, Isabelle Ciaravola bien sûr. Elle irradie dans le rôle, promenant sur scène sa silhouette gracile, ses jambes incroyables et ce talent de tragédienne qu’on lui prête souvent, à très juste titre. On la suit dans ses premiers élans, jeune Manon timide mais déjà bien consciente de son charme, ses atermoiements de femme rouée mais aimante, puis sa lente agonie du troisième acte. Le partenariat avec Florian Magnenet fonctionne plutôt bien, même si quelques couacs dans le premier Pas de deux de la Chambre laissent deviner que les deux danseurs ont eu peu de temps pour répéter ensemble. J’ai trouvé Florian Magnenet plus à l’aise, plus libéré dans le deuxième acte. D’ailleurs, c’est un peu le même constat pour les deux autres distributions que j’ai pu voir : les couples me semblent plus convaincants dans l’opposition et la réconciliation teintée de défi du deuxième acte que dans la passion sans entraves du premier.
Alessio Carbone a, pour sa part, incarné un Lescaut sombre, plutôt effacé et j’ai été étonnée de ne pas voir davantage sa malice habituelle à l’œuvre dans la scène de beuverie du deuxième acte. Nolwenn Daniel, à ses côtés, très convaincante, a opté pour un parti-pris côté interprétation, à mi-chemin entre Muriel Zusperreguy et Alice Renavand. Le Monsieur de G. M d’Arnaud Dreyfus était, lui aussi, bien campé, suintant d’envie quasi-malsaine à la fin du premier acte.
Un petit mot, enfin, pour saluer la performance d’Allister Madin en chef des mendiants et d’Eléonore Guérineau en prostituée travestie.
Demain, c’est la dernière de l’Histoire de Manon. Clairemarie Osta y fera ses adieux aux côtés de son époux Nicolas Le Riche. Je ne pourrai pas y être mais je vous invite à consulter ma liste de blogs favoris (colonne de droite!), sur lesquels vous pourrez trouver la semaine prochaine comptes rendus et photos de cet événement qui devrait être riche en émotions!
Et pour finir… petit bonus : une interview d’Isabelle Ciaravola qui parle notamment de l’importance du partenaire.








