Deuxième distribution de l’Histoire de Manon avec Aurélie Dupont (Manon), Josua Hoffalt (Des Grieux), Jérémie Bélingard (Lescaut, frère de Manon), Muriel Zusperreguy (sa maîtresse) et Aurélien Houette (Monsieur de G. M).
Après la Première, retour à Garnier pour découvrir cette deuxième distribution, que j’avais déjà pu voir en répétition.
Le ballet m’a semblé, une fois encore, un peu long, dansé de manière sans doute un peu sage par moments, là où on attendrait un peu plus de flamboyance. Les pas de deux restent toujours aussi émouvants et intenses, avec un vrai coup de cœur pour ceux de la Chambre des premier et deuxième actes.
Coté interprètes, Aurélie Dupont et Josua Hoffalt ont livré une prestation assez différente de celle de Clairemarie Osta et Nicolas Le Riche, mais tout aussi intéressante. Aurélie Dupont est une Manon sans doute moins primesautière, moins fragile que celle de Clairemarie Osta. On sent chez elle une féminité déjà affirmée, un peu de malice et surtout de la force. Dans l’acte 3, là où Clairemarie Osta s’étiolait et perdait peu à peu ses forces jusqu’à mourir d’épuisement, doucement, de manière inéluctable, Aurélie Dupont résiste, ne semblant pas vouloir céder d’un pouce à la vulnérabilité, se cabrant jusqu’à la dernière seconde.
Josua Hoffalt, face à tant de passion et de force, semble plutôt dans l’intériorité, notamment au premier acte. Sa relation avec Aurélie Dupont devient plus équilibrée au deuxième acte, dans lequel Des Grieux se questionne, doute, s’oppose à sa douce et tendre. Et Josua Hoffalt de nous gratifier, au passage, d’une belle variation pendant le deuxième acte, fort bien exécutée.
Du côté de Lescaut et sa maîtresse, j’ai préféré le couple de la Première, plus drôle et plus uni. Certes, Jérémie Bélingard est un Lescaut plutôt convaincant, plein de vigueur au premier acte et Muriel  Zusperreguy une maîtresse un peu effacée mais charmante, à la technique affûtée. J’ai cependant trouvé Stéphane Bullion et Alice Renavand plus crédibles en tant que couple, à l’aise tant dans la confrontation, la chamaillerie que dans les facéties du deuxième acte.
Un mot aussi d’Aurélia Bellet et Sabrina Mallem, très drôles en courtisanes et d’Aurélien Houette, en Monsieur de G.M, que j’aurais volontiers vu en Lescaut.
Je retourne voir l’Histoire de Manon la semaine prochaine avec une autre distribution… Je reste toujours un peu réservée sur ce ballet et prévois de regarder la version du Royal Ballet pour pouvoir comparer mes impressions.














